Le Gouvernement wallon prépare un nouveau « plan loup », attendu à l'automne. Parmi les mesures à l'étude figure la possibilité de prélever certains loups qualifiés de « déviants ». Une évolution qui ne remet toutefois pas en cause la ligne directrice des autorités : organiser une cohabitation durable entre le prédateur et les éleveurs.
Les récentes attaques de loups en province de Luxembourg, notamment celle qui a coûté la vie à 21 brebis à Louftémont (commune de Léglise) au début du mois de juillet, poussent le Gouvernement wallon à adapter sa stratégie.
Un nouveau « plan loup » est en cours d'élaboration. Dans ce cadre, la Ministre wallonne de l'Agriculture et de la Ruralité, Anne-Catherine Dalcq, a demandé à son administration d'étudier les possibilités offertes par la réglementation européenne afin d'autoriser, dans des cas bien précis, le prélèvement de loups considérés comme « déviants » souligne l’Avenir ce mercredi matin.
La ministre s'est d'ailleurs rendue discrètement la semaine dernière à Louftémont après l'attaque afin de rencontrer l'éleveur sinistré ainsi que les autorités communales.
Une notion qui reste à définir
Le droit européen permet déjà de déroger, sous certaines conditions, au statut de protection dont bénéficie le loup. Reste à déterminer ce qui caractérise précisément un « loup déviant ».
Si un animal adopte un comportement agressif envers l'être humain, la situation ne prête guère à interprétation précise le cabinet de la ministre. En revanche, les critères devront être affinés lorsqu'il s'agit d'attaques répétées sur des troupeaux ou de comportements jugés problématiques.
« La philosophie reste la même : comment vivre avec le loup? Avant toute décision, une concertation sera menée afin de définir des critères objectifs ». Jean-Philippe Lombardi, porte-parole de la Ministre de l'Agriculture et de la ruralité.
Le futur plan devra également préciser qui sera habilité à qualifier un loup de « déviant », quelle autorité pourra autoriser son prélèvement et quel service sera chargé de le réaliser.
Préserver le loup tout en protégeant les éleveurs
En Wallonie, le loup bénéficie actuellement d'un statut de conservation qui interdit son prélèvement de manière systématique. Pour le Gouvernement, l'enjeu consiste désormais à concilier cette protection avec la réalité d'un territoire densément peuplé, où les activités agricoles occupent une place importante.
Si les attaques de troupeaux alimentent l'inquiétude des éleveurs, nombre d'entre eux ne réclament pas pour autant la disparition du prédateur. Ils reconnaissent que sa présence participe également à la régulation des populations de grand gibier, responsables de dégâts parfois importants dans les cultures.
L'objectif affiché est donc de trouver un équilibre entre la conservation de l'espèce et la protection des exploitations agricoles.
Des procédures d'indemnisation à accélérer
Le futur « plan loup » ne portera pas uniquement sur les conditions de prélèvement. Le Gouvernement wallon souhaite également raccourcir les délais d'indemnisation des éleveurs victimes d'attaques.
Autre mesure envisagée : renforcer la prise en charge des animaux blessés. Une intervention plus rapide des vétérinaires permettrait, lorsque cela est nécessaire, d'abréger les souffrances des bêtes gravement touchées.
L'ensemble de ces mesures devrait être intégré au nouveau « plan loup », dont la présentation est attendue à l'automne.