Mi-avril, 2 couples de cigognes blanches se sont installés à Messancy et à Étalle. Sur les 5 cigogneaux nés à la mi-mai, un seul oisillon est encore en vie. Pas si étonnant : entre 60 % et 75 % des jeunes ne survivent pas à leur première année. Ce matin, cet oisillon a été bagué.
C’est une opération qui nécessite de prendre de la hauteur… Tout en haut du nid, un cigogneau né à la mi-mai. Il ne sait pas encore voler, l’attraper est donc assez aisé. "Cette espèce a une stratégie assez particulière : elle fait le mort quand on approche, explique Nicolas Pierrard, ornithologue à l’Institut des Sciences naturelles et bagueur. Donc c'est assez pratique pour nous pour la prendre."

Délicatement transporté, le cigogneau est mesuré, pesé et ensuite bagué. Sur cette bague, des lettres et des chiffres qui forment un code unique au niveau mondial. Cette bague, comme une carte d’identité, permettra de suivre l’oisillon tout au long de sa vie.
"Cela nous permet de retracer leur trajet lors des migrations et de voir où elles se déplacent pendant l'année, mais aussi les causes de mortalité", rappelle Florian Naisse, responsable du cantonnement DNF à Arlon.
Une intervention des pompiers inhabituelle
La nacelle des pompiers d’Étalle aura été nécessaire pour atteindre le nid. Une intervention assez inhabituelle pour Thierry Lecoq, sergent à la caserne d'Étalle. "J'en avais déjà aperçu de loin en Alsace, mais voir un cigogneau ici, c'est assez inédit. Et du haut de la nacelle, on voit à quel point le site de l'étang de l'Ilé est magnifique."
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À peine 10 minutes plus tard, le cigogneau est redéposé dans son nid, bien à l'abri.
1 seul cigogneau aura survécu
Au sol, quelques passionnés profitent de ce spectacle inédit. Parmi eux, Marie les observe depuis l'arrivée du couple à l'Ilé. "J'ai fait le suivi des cigognes depuis le départ. On les a vu arriver, faire leur nid, l’accouplement, la couvaison des œufs, puis la naissance des petits. Jusque début juin il y en avait encore 3. Malheureusement il n'y en a plus qu'un, mais c'est déjà pas mal..."
Si un seul cigogneau est encore en vie dans ce nid, aucun n’a malheureusement survécu à Messancy. Des décès sans doute dû au mauvais temps ou au manque d’expérience des parents.
"Quand elles font leur première couvée, les parents ne sont pas encore expérimentés et ne s'occupent pas encore très bien des petits. Ça peut expliquer cette mortalité", suppose Florian Naisse, responsable du cantonnement DNF à Arlon.
Ce cigogneau restera sans doute encore au nid une quinzaine de jours avant de prendre son envol, puis de migrer vers l’Afrique ou l’Espagne à la fin de l’été.
Fidèles à leur nid, l’espoir est de revoir ces cigognes l’année prochaine.