Deux couples de cigognes blanches viennent de s’installer dans le sud de notre pays, en province de Luxembourg.  Le premier, à l'étang de L’ilé, près d’Etalle, et le second dans un quartier résidentiel de Messancy.  En Wallonie, on connaissait un seul site de nidification, du côté de l'étang de Virelles, dans le Hainaut. 

Fameuse surprise samedi matin pour les habitants de ce quartier résidentiel de Messancy.  "La cigogne est arrivée de là haut, derrière moi, explique Lisa, elle est descendue sur le poteau et ça m'a fait peur."  Son grand-père, Christian, lui aussi a été surpris.  "J'étais au jardin et tout d'un coup j'ai vu une présence.  C'était une cigogne.  Je pensais qu'elle ne faisait que passer, qu'elle se posait pour mieux repartir."

Mais depuis samedi, un couple de cigognes blanches construit son nid au sommet d'un poteau d'éclairage.  "La construction du nid avance bien, confirme Olivier Dugaillez, éco-pédagogue aux Cercles des Naturalistes de Belgique.  Le territoire a l'air d'être vraiment bien occupé."

À une vingtaine de kilomètres de là, aux étangs de L’ilé, près d’Etalle, un autre couple vient de s’installer.  Il a choisi une plateforme spécialement aménagée pour les cigognes blanches depuis 7 ans. "Quand on les a installés en 2019, ça n'a pas fonctionné directement.  Les premières années, les cigognes s'y arrêtaient puis repartaient, rappelle Marc Ameels, agent des forêts pour le service public de Wallonie.  Et puis, cette année, on a remis un véritable nid tressé avec des branches de saule.  Et là, ça a plu aux cigognes blanches, qui se sont installées dans la quinzaine qui a suivi."

Une bonne nouvelle pour la biodiversité

En ce début de printemps, la femelle couve d’ailleurs ses œufs, pendant que le mâle lui ramène à manger.  Dans cette réserve naturelle, cette espèce semble trouver toute la nourriture dont elle a besoin.  Sa présence est une bonne nouvelle pour notre biodiversité.  "Elle se nourrit de beaucoup d'insectes, de micromammifères (campagnols, mulots), mais aussi de reptiles et d'amphibiens, détaille Olivier Dugaillez, des Cercles des Naturalistes de Belgique.  Il faut que ces facteurs-là soient réunis.  Leur présence témoigne d'un milieu assez riche d'un point de vue de la biodiversité puisque les amphibiens ne sont pas présents en abondance partout."

L’espèce connaît une bonne dynamique de population partout en Europe et les scientifiques s'attendent à ce que d’autres couples s’installent en Wallonie dans les années à venir.