Depuis 2023, une cotisation spéciale de 38 euros est demandée à tous les producteurs bio par l'Apaq-W, l'agence de promotion d'une agriculture de qualité. Certains producteurs affirment qu'ils ne payeront pas. Le financement de cette promotion particulière du bio était  toutefois une demande du secteur lui-même.

A la ferme Louvigny, on est en bio depuis 1997. Sur 80ha dont 10 de céréales, Henri Louvigny vise l'autonomie maximale. Face à la cotisation "bio" réclamée par l'Agence de promotion d'une agriculture de qualité, l'APAQ-W, il a décidé, comme d'autres acteurs du bio, de ne pas payer.

"On devrait  nous aider davantage et promouvoir notre mode de production. Tous les agriculteurs font du bon travail mais je suis sûr que les bios en font de l'excellent.", Henri Louvigny, agriculteur bio à Bougnimont

Pour le directeur de l'AWAP-W, cette cotisation a pourtant force de loi. De plus, dit Philippe Mattart, cette cotisation complémentaire et spécifique réclamée au bio est une demande du secteur lui-même qui souhaitait plus de visibilité. Il précise que l'intégralité de cette cotisation sert à promouvoir exclusivement le bio qui est même surreprésenté puisqu'un tiers de la dotation faite à l'APAQ-W lui est consacré. Enfin, il fait remarquer que le recouvrement de cette cotisation ne concerne qu'environ 4% des producteurs bio. 

De son côté, la Fugea, qui défend une agriculture durable et l'autonomie paysanne, s'oppose aussi à cette cotisation. Mais pour l'agence et sa ministre de tutelle, ce qui est dû est dû. Quant à l'avenir, rien n'est encore écrit.

"Nous travaillons à la création d'une nouvelle entité. Dans ce cadre toutes les cotisations seront rediscutées.", Anne-Catherine Dalcq, ministre wallonne en charge de l'Agriculture

Le nombre de frondeurs étant limité, pas certain que cela suffise à suspendre cette cotisation. L'APAQ-W a mandaté un bureau d'avocats pour procéder au recouvrement des impayés.