Ce n'est malheureusement pas nouveau, les agriculteurs sont victimes des déchets sauvages. Cannettes, bouteilles et emballages plastiques polluent leurs champs et empoisonnent leurs bêtes. La Fédération Wallonne de l'Agriculture monte au créneau et réclame l'instauration d'un système de consigne.

La fédérations agricoles wallonnes (FWA et UAW) et flamande (Ferm) ont lancé lors du premier trimestre de 2026, une enquête sur les déchets sauvages et leur impact sur le milieu agricole. Premier constat, sur les 150 agricultrices et agriculteurs sondés, 77,9% indiquent que le déchet sauvage le plus gênant est la canette. Ce que nous confirme Nicolas Annet, éleveur de blanc bleu à Petitvoir (Neufchâteau).

"Les canettes se font broyer par la faucheuse ou les engins de récolte, et c'est comme des lames de rasoir qui sont ensuite ingérées par les vaches. Elles se coupent dans la trachée, ça occasionne des saignements. Si ce n'est pas trop grave, c'est un peu de saignement temporaire et ça passe... mais ça peut aller jusqu'à la mort".

L'accumulation de microplastiques se ressent également dans toute la chaîne alimentaire. Une pollution mauvaise pour l'environnement, mauvaise pour les consommateurs mais également pour le rendement agricole.

« Il y a aussi un impact sur la production végétale et agricole. Les morceaux qui vont s'y retrouver vont diminuer la qualité des récoltes. Certains agriculteurs vont alors voir leurs lots déclassés ou refusés, ce qui crée des pertes économiques sèches pour les producteurs » explique Camille Gourmet de l'Union des agricultrices wallonnes.

Entre perte de temps à traiter ces déchets, blessures au bétail ou diminution du rendement, plus de 30% des agriculteurs sondés évoquent une moyenne de 500 euros perdus chaque année.

Les fédérations agricoles réclament donc la mise en place de mesures de prévention, de sanctions mais aussi l'instauration d'un système de consigne.

« À la FWA et à l'UAW, on demande d'instaurer une consigne sur les canettes et bouteilles en plastique. Le personnel politique doit mettre cette mesure à l'ordre du jour et l'instaurer en collaboration avec les acteurs de terrain. » Camille Gourmet de l'Union des agricultrices wallonnes.

Bien qu'au programme des Engagés durant la dernière campagne électorale, le projet n'avait pas été repris dans la Déclaration de politique régionale de la nouvelle majorité. 

Mais il devrait revenir sous la pression de l'Europe et son "règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR)". Celui-ci compte imposer un système de consigne aux pays membres, à moins de pouvoir prouver qu’ils sont en mesure d’atteindre 90 % de collecte sélective et de recyclage par matériau. Mais en Belgique, malgré un bon taux de tri, on en est encore loin. L'industrie se prépare donc au retour de ce vieux dossier et prépare déjà ses arguments, pour l'instauration d'un système mixte qui préserverait le sac bleu et ses centres de traitement.