Des citoyens se mobilisent contre un projet de poulailler à Harsin (Nassogne). Un projet qui est loin d'être isolé. Pourquoi un tel développement de la filière avicole? Nous avons posé la question à Benoît Keller, du Collège des producteurs.
Rien qu'en province de Luxembourg, il y a eu 22 demandes de permis de poulaillers en 2025, dont 12 ont abouti, un qui a été abandonné et neuf qui sont toujours à l'instruction, d'après des chiffres du SPW. Qu'est-ce qui explique cette multiplication de projets ?
"Pour l'instant, il y a un déficit clair dans la production de poulets et d'œufs. Donc les agriculteurs concernés voient une opportunité d'augmenter leur rentabilité, simplement, et de répondre à la demande des magasins et des filières en place. Moi, j'ai 20 000 poules pondeuses, mais ça correspond à un équivalent de 45 000 poulets à peu près. Parce que les poules pondeuses produisent plus de déjection. Et je vais bientôt renouveler mon permis. Donc je vais de nouveau me confronter à ce genre de demande".
Vous comprenez les inquiétudes des riverains ?
"Bien sûr. Après, les riverains doivent s'informer vis-à-vis de l'agriculteur et regarder de quelle manière on peut trouver des solutions aux problèmes concernés. Pour moi, il y a 30 ans, ça s'est bien passé. Il n'y a pas de raison que ça ne se poursuive pas. En plus, je suis très actif sur la vente locale. Trois quarts de ma production part dans les magasins locaux. Il faut savoir ce que les consommateurs veulent. S'ils veulent manger localement ou acheter du poulet brésilien ou ukrainien".
On entend assez souvent les mêmes inquiétudes par rapport aux odeurs, l'impact aussi sur la qualité de l'eau environnante, le bien-être animal...
"Oui, mais tout est très bien encadré. En plus, les nouvelles fermes sont mieux équipées à tout niveau, que ce soit au niveau des déjections, au niveau du bien-être animal. Tout est mis en place pour réduire au maximum les nuisances. Donc de ce point de vue-là, les riverains peuvent normalement être apaisés" estime Benoît Keller, agriculteur à la Ferme des Pételles à Anloy (Libin) et référent pour la filière avicole au Collège des producteurs.