Soutenue par la région,  la province développe la Bretelle Alimentaire, une coordination des circuits courts pour aider les producteurs à vendre plus en local et à des prix corrects. 

Indépendante depuis 2011, Catherine Dessy, du Jardin de Catherine et Stefan, n'est pas une débutante en matière de production locale et de circuits courts. Elle et son conjoint produisent des légumes et gèrent deux épiceries dont une à Tellin dans l'ancien Musée de la Cloche. Comme les circuits courts ne permettent pas d'écouler toute la production, ils travaillent aussi au contrat avec des grossistes. Or cette année, il y a eu par exemple beaucoup trop de pommes-de-terre.

"Les surplus, certains revendeurs nous proposent un cent du kilo, voire zéro ! Donc, on doit leur dire merci à la limite. Moi, je trouve ça absolument scandaleux.", Catherine Dessy, Les Jardins de Catherine et Stefan

Partout en Wallonie, des producteurs locaux tentent de s'organiser pour résister et obtenir un prix décent pour leurs productions, notamment via les circuits courts. La Région soutient ces initiatives qui s'appellent souvent ceintures car organisées autour des grandes villes, mais au Luxembourg, on l'appellera la Bretelle Alimentaire. Reconnue par la Région Wallonne et subsidiée à hauteur de 170.000 euros.

"Ca permet l'engagement d'animateurs territoriaux qui vont, filière par filière,  pouvoir concerter les acteurs, voir quels sont les besoins en terme de logistique, en terme de débouchés, aussi. Voir s'il y a des synergies pour pouvoir augmenter la part de circuits courts dans la consommation dans la province.", Coralie Bonnet, députée provinciale en charge de l'Agriculture

Cette Bretelle est une concrétisation des États Généraux des Circuits Courts tenus en février 2024. Tout récemment, des seconds états généraux ont réunis plus de 160 personnes à Bastogne. Catherine Dessy n'y était pas ; pour les écouler, elle devait conduire ses choux à Zellik.

"C'est un avantage pour écouler de grandes quantités de produits, mais ce n'est pas nous qui fixons les prix", Catherine Dessy, Les Jardins de Catherine et Stefan

40 cents par chou en première catégorie, 9 cents pièce pour les autres, cela ne couvre pas la main d’œuvre... Voilà la réalité contre laquelle les producteurs tentent de survivre.

"Les parts de marché qu'on essaye de gagner, c'est sur la grande distribution et l'agroalimentaire. Mais entre acteurs du circuit court, on se voit plutôt comme complémentaires. On tente de conscientiser le citoyen à consommer plus local.", Hélène Deketelaere, responsable logistique du Réseau Paysan

Conscient, le citoyen l'a été durant la crise covid, quand il avait plus de temps pour faire ses courses, pour cuisiner, mais depuis, la course à la productivité lui a repris les rênes...