Le secteur laitier connait actuellement une crise inquiétante. Le prix du lait est passé en dessous du coût de production. Et les perspectives sont inquiétantes. La FJA tire la sonnette d'alarme et réclame une réaction politique.

C'était il y a deux ans. Cet agriculteur de Bérismenil (La Roche-en-Ardenne) nous démontrait, factures à l'appui, que le prix du lait n'avait pas bougé entre les années 1980 et 2024. Un constat déjà alarmant qui s'est empiré récemment avec la crise dont font face les producteurs laitiers.

"Deux ans plus tard, on constate que nous sommes à 35 euros des 100 litres, TVAC, remarque Sébastien Grogna. Soit, cinq euros en moins qu'il y a deux ans. Entretemps, nous avons connu une hausse à 50 cents le litre durant l'année mais maintenant, nous nous situons 15 centimes plus bas, soit 30% en moins. C'est une volatilité très importante."

Aucune perspective

Cette situation pourrait encore s'aggraver dans les prochains jours vu qu'on annonce un prix du lait à 28 centimes le litre. Avec une production laitière en dessous du prix de production et une conjoncture déjà difficile depuis le vote européen en faveur du Mercosur, les perspectives d'avenir pour les jeunes agriculteurs s'annoncent bien floues.

"Pour l'instant, le prix de la viande est correct mais qu'en sera-t-il dans un an ou deux, après le Mercosur ? se questionne l'agriculteur de 36 ans. On le constate avec le prix du lait, nous n'avons aucune vision à court ou long terme."

Un mécanisme de régulation

Dans ce contexte, la Fédération des Jeunes Agriculteurs tire la sonnette d'alarme et plaide pour la mise en place d'un mécanisme de régulation en cas de crise dans le secteur.

"Si on passe sous un niveau plancher - que nous devons déterminer en fonction des coûts en termes d'énergie, de semences, de l'alimentation du bétail - nous aimerions qu'un mécanisme permette de réguler la production en circonstances exceptionnelles."
Corentin Jacques, agriculteur à Autelbas et vice-président de la FJA.

Manque de temps

Des contacts ont déjà été entrepris par la FJA au niveau régional, fédéral et européen afin de rectifier la situation. Et le temps presse au vu des investissements réalisés par nombre d'agriculteurs.

"Il faudrait du temps pour mettre quelque chose en place mais la majorité des exploitants n'ont pas de temps, reprend Corentin Jacques. Quand on perd de l'argent tous les jours, on ne peut pas tenir des mois ou des années. Nous espérons une évolution dans le secteur d'ici le printemps."

La FJA espère une réaction au niveau politique pour revenir à une rémunération plus adéquate. Il en va de la pérennité du secteur laitier en Belgique et plus globalement en Europe.