Les projets de poulaillers industriels augmentent partout en Wallonie et génèrent leur lot de critiques. À Harsin (Nassogne), un collectif de citoyens se mobilise contre une installation qui pourrait contenir 140.000 poulets de chair. Nous les avons rencontrés, ainsi que l'agriculteur derrière le projet.

Quelques jours avant la fin de l'enquête publique , une trentaine de citoyens s'est réunie sur les lieux du projet.

La majorité des participants venaient d'Harsin et des villages voisins, mais aussi de Couvin ou Rochefort où des projets similaires sont à l'étude.

Leur message : non aux poulaillers industriels dans les campagnes wallonnes.

 "Ce type d'élevage est refusé en Flandre, car les sols sont saturés. Nous voulons éviter d'en arriver là aussi", explique notamment Manuella Batter, représentante du collectif " Abondance de poulailler ". 

Risque de dégradation du cadre de vie

Une enquête publique est en cours concernant la construction de deux poulaillers et des installations nécessaires à son exploitation.

140.000 poulets de chair, multipliés par sept rotations par an, leurs potentiels nouveaux voisins n'en veulent pas.

Il ne faudra pas pleurer dans quelques années en se rendant compte des dégâts que l’on a causés.

Le collectif dénonce un projet disproportionné qui menace la qualité de vie des habitants.

Odeur, bruit, pollutions visuelle et de l'air : les craintes sont nombreuses. La proximité d'une zone Natura 2000 et la gestion de l'eau sont aussi pointées du doigt.

"On va de nouveau artificialiser des sols, mais l'eau trouve toujours son chemin, rappelle Valérie Ska, membre du collectif. La région a été particulièrement impactée par les terribles inondations de 2021. Il ne faudra pas pleurer dans quelques années en se rendant compte des dégâts que l’on a causés."

Un projet porté par une ferme locale

La demande de permis a été déposée par la Ferme des 3 Fontaines , située à un peu moins de deux kilomètres du site.

Trois poulaillers similaires y sont déjà installés, comme l'explique son exploitant Johan Lamboray, qui élève des poulets depuis 1992 : "l'implantation a progressé en 2017 et 2021. Nous avons actuellement 155.000 volailles".

Pour son nouveau projet, l'éleveur dit respecter les critères mis en place par les législations.

L'aviculture : l'une des seules filières rémunératrices

Les deux poulaillers se situent dans une zone agricole et la bétonisation du site permettra de récupérer l'ensemble des déjections. 

Ces dernières seront, soit envoyées vers un centre de biométanisation, soit épandues sur d'autres sites agricoles. La ferme produit déjà assez d'effluents d'élevage pour fertiliser ses cultures.

Les eaux pluviales seront gérées par des bassins d'orage et de décantation.

En Région wallonne, on est en déficit d'un poulet sur deux.

Selon Johan Lamboray, l'aviculture est l'une des seules filières agricoles encore rémunératrices et la Région soutient son développement, notamment en octroyant des subsides aux centres de découpe.

 "En Région wallonne, on est en déficit d'un poulet sur deux, justifie l'agriculteur. Quand les poulets auront été travaillés dans la salle de découpe de la région de Charleroi, ils seront vendus dans les grands magasins de la région. C'est le but des subsides wallons : améliorer le circuit court."

Pas de commentaire du Collège communal

Pour le collectif "Abondance de poulailler", le projet ne répond ni aux engagements du gouvernement wallon, ni à ceux de la majorité en place à Nassogne.

Le Collège communal ne fera pas de commentaire avant la fin de l'enquête publique fixée au vendredi 27 février 2026.