Plusieurs centaines d’élèves ont manifesté ce jeudi matin à Arlon, en majorité issus de l’Institut Notre-Dame. À quelques jours des examens, ils disent vouloir soutenir leurs professeurs, mais aussi défendre leur propre avenir. Ils craignent les réformes portées par la Ministre Glatigny
Calicots, slogans, chansons et pancartes : les élèves arlonais ont fait entendre leur voix ce jeudi matin. Dans le cortège, une majorité d’élèves de l’Institut Notre-Dame d’Arlon se mobilise contre les réformes portées par la ministre Valérie Glatigny. Leur message est d’abord un soutien aux professeurs, mais pas seulement. Plusieurs jeunes rencontrés disent aussi s’inquiéter pour la suite de leur parcours scolaire. La mobilisation intervient à quelques jours des examens. Un calendrier qui pourrait sembler délicat, mais qui n’est pas vécu comme un frein par les élèves présents.
“Je trouve que c’est une bonne chose parce que ça montre à quel point on a une volonté de bien faire et ça ne me dérange vraiment pas du tout. Je trouve que c’est mieux d’avoir fait ça avant les examens, plutôt qu’après”, explique une élève présente dans le cortège
Le dossier concernant la réforme scolaire reste complexe. Tous les élèves ne le résument pas de la même manière. Mais certains retiennent déjà des conséquences très concrètes pour leur avenir.
“Avoir 30 élèves par classe, c’est impossible. Ça va être n’importe quoi! Et on va aussi payer super cher pour faire des études supérieures, ça ne sert à rien non plus”, estime un autre élève
Cette mobilisation se nourrit aussi des discussions en classe
En classe, certains enseignants expliquent aux élèves les mesures annoncées, la réforme de la Ministre. D’autres restent plus en retrait. Les élèves rencontrés assurent pourtant ne pas avoir été poussés à rejoindre le cortège ce jeudi matin.
“Ça dépend vraiment des profs. Il y en a qui sont à fond et qui nous expliquent un peu les réformes, et il y en a d’autres, on n’en parle pas du tout”, témoigne en substance une élève
Du côté des enseignants, la ligne est délicate. Il s’agit d’expliquer un dossier qui touche directement l’école, sans transformer la classe en appel à manifester. À l’Institut Sainte-Marie d’Arlon, Gaël Jaumotte, professeure de français, dit vouloir donner des clés de compréhension, tout en laissant les élèves se faire leur propre avis.
“On explique les changements qui vont avoir lieu. On explique aussi les conséquences qui, pour nous, ont été mal pensées dans l’état actuel de la réforme. Pour expliquer mon engagement, j’explique mes motivations personnelles. Et pour les élèves qui disent ‘mais nous aussi on aimerait bien faire grève’, alors je leur dis qu’ils doivent se renseigner et chercher leurs propres motivations à soutenir le mouvement”, explique-t-elle
Cette action intervient à un moment crucial, alors que le décret-programme doit être soumis au vote au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles aujourd'hui. Si le texte passe, d’autres mobilisations d’élèves pourraient suivre.