Le château fort de Bouillon a changé d'époque le temps d'un week-end. Huit compagnies européennes de reconstitution historique ont investi les lieux pour replonger les visiteurs en 1642, au cœur de la vie militaire et quotidienne des mousquetaires du XVIIe siècle
Le vacarme des mousquets a remplacé, le temps d'un week-end, le calme habituel du château fort de Bouillon. Huit compagnies européennes de reconstitution historique ont investi les lieux pour replonger les visiteurs en 1642, à l'époque où la forteresse abritait une garnison militaire de mousquetaires en conflit avec la principauté de Sedan.
Loin des chevaliers et des grandes batailles médiévales qui font souvent la renommée du château, cette animation met en lumière une période moins connue de son histoire : celle des mousquetaires du XVIIe siècle. Contrairement aux idées reçues, le mousquetaire ne combat pas principalement à l'épée. Son arme de prédilection est le mousquet, ancêtre du fusil moderne, tandis que les piquiers manient de longues lances pouvant mesurer plusieurs mètres.
« Ici, on est en 1642. Le château de Bouillon, c'est une garnison qui compte environ 25 soldats à l'année et qui est surtout en conflit permanent avec le prince de Sedan, qui veut récupérer le duché de Bouillon. On connaît souvent Bouillon pour son histoire médiévale, mais cette période du XVIIe siècle est également très intéressante et mérite d'être découverte», explique Loïc François, organisateur de l'événement
La vie d'un mousquetaire ne se résume pas aux combats
Au campement, les soldats doivent également manger, entretenir leur équipement et respecter une discipline militaire particulièrement stricte. Pain, lard et quelques légumes de saison composent une alimentation bien éloignée des festins souvent associés à cette époque.
Ici, les costumes, armes et objets du quotidien sont reproduits avec le plus grand soin. Une passion qui anime des reconstituteurs venus de plusieurs pays européens : Grand Duché du Luxembourg, France, Pays-Bas, Suisse ou encore Pologne.
« Ce week-end, je suis le caporal du régiment Spinola. Pour nous, c'est une manière d'expliquer aux gens ce que c'était de vivre à l'époque et de sortir l'histoire des livres. On ne fait pas seulement des démonstrations militaires, on essaie vraiment de transmettre l'histoire au public », explique Jessy Clos, l'un des participants venu du Limbourg belge
Le château fort de Bouillon poursuit ainsi sa volonté de faire découvrir différentes facettes de son histoire, bien au-delà du seul Moyen Âge.
« On parle toujours de Godefroy de Bouillon, mais le château se prête à différentes époques et à différents spectacles. Les mousquetaires permettent aussi d'attirer un autre public et de montrer que l'histoire du château ne s'arrête pas au Moyen Âge », souligne Vincent Manil, administrateur-gestionnaire du château fort
Après les mousquetaires du XVIIe siècle, place bientôt aux chevaliers et troubadours. Les 8 et 9 août prochains, Bouillon vivra au rythme de sa traditionnelle Fête médiévale.