Une quarantaine de chevaux de trait et leurs meneurs se sont retrouvés ce dimanche au Centre européen du cheval de Mont-le-Soie. Après une quinzaine d’années sans concours de ce type dans la région, cette organisation a rassemblé des participants belges, français, allemands et grand-ducaux.

En forêt, la première épreuve consiste à faire progresser un long tronc entre les arbres. Chaque concurrent dispose de 25 minutes pour terminer le parcours. Les piquets touchés entraînent des pénalités. La puissance du cheval ne suffit donc pas. Le meneur doit anticiper les virages, choisir sa trajectoire et parfois détacher puis rattacher le bois pour poursuivre sa progression. Le parcours reproduit des situations proches du travail quotidien d’un débardeur professionnel.

« Il faut réfléchir au parcours, détacher son bois quand il le faut, faire comprendre au cheval "la gauche et la droite", et manœuvrer le plus justement possible », explique Raphaël Thunus, agent du Département de la Nature et des Forêts à Vielsalm et juge de l’épreuve

Trois épreuves et plusieurs races

La journée comprend plusieurs épreuves, chacune avec ses spécificités techniques. Le débardage reproduit le travail forestier. L’habileté teste davantage la précision du duo sur la plaine. La traction permet aux chevaux d’exprimer leur puissance. Selon les catégories, les meneurs participent avec un seul cheval ou avec une paire.

Les traits belges et ardennais sont les plus représentés, mais des Percherons et des Boulonnais complètent également le plateau. Cette diversité accompagne l’ouverture internationale du concours, avec des participants venus de France, d’Allemagne et du Grand-Duché de Luxembourg.

Parmi les concurrents de la Province, Vincent Maraga a fait le déplacement depuis Honvelez, dans la commune de Gouvy. Gestionnaire d’une entreprise d’exploitation forestière, il connaît les conditions habituelles du travail au cheval. Certains passages se jouent au centimètre et exigent une réponse presque immédiate de l’animal aux commandes de son meneur.

« En forêt, on est seul. Sur la plaine, il y a le gars au micro qui commente les exercices pour le public, on a aussi les autres chevaux et les spectateurs. C’est tout un univers auquel le cheval n’est pas habitué », souligne-t-il

Un travail différent avec deux chevaux

Roger Jacobs a choisi de participer avec une paire. Une configuration qui peut faciliter le déplacement de la charge, mais qui impose aussi davantage de précision.

« Quand les deux chevaux sont bien habitués l’un à l’autre, cela peut être un avantage parce que l’un aide l’autre. Mais l’attelage est beaucoup plus large, il faut davantage de place et les deux doivent travailler en même temps », explique le meneur germanophone

Au-delà du classement, l’objectif du concours est aussi de remettre en lumière une pratique progressivement effacée par la mécanisation en débardage.

« Le cheval a encore bel et bien sa place en forêt. Il ne faut pas l’oublier. C’est une manière de montrer que nous sommes encore là », insiste Geoffrey Urbany, organisateur du concours et responsable d’Artrait

Pour ce retour, la présence d’une quarantaine de chevaux constitue un premier signal positif. Les organisateurs espèrent désormais réinstaller durablement ce rendez-vous consacré au travail du cheval de trait et au savoir-faire des débardeurs.