C'est un exemple de restauration réussie. Trois ans après la réhabilitation d'une ancienne carrière de sable à Laclaireau (Virton), une abeille jusque là non répertoriée en Belgique, l'Andrène de l'Alysse, a été observée lors d'un inventaire de Natagora.
C'est au cours d'un inventaire de suivi, après la restauration d'une ancienne carrière de sable à Ethe (Virton), que la découverte a eu lieu au printemps. Les spécialistes de Natagora repèrent alors une abeille encore non répertoriée en Belgique, du groupe des andrènes.
"Il faut savoir qu'on a 86 espèces d'Andrène chez nous en Belgique, donc c'est un groupe important. Ce n'est qu'après analyse de différentes critères sous binoculaires que l'on a identifié le spécimen. Et ça été validé par un un expert européen : il s’agit bien d’Andrena tcheki, l’andrène de l'Alysse, qui est nouvelle pour la Belgique". Thibaut Vandaudenard, assistant de projet - département conservation de Natagora
Pour l’instant, on ne comprend pas encore pourquoi elle est arrivée en Belgique. Le réchauffement climatique est une hypothèse, mais il est aussi possible qu’elle y était déjà présente sans avoir été détectée.

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"Andrena tcheki, plus communément appelée andrène de l'Alysse, est une abeille solitaire rare signalée pour la première fois en Belgique au printemps. Cette espèce oligolectique niche dans les zones sableuses et récolte exclusivement son pollen sur les plantes de la famille des Brassicacées". Natagora
Ce site, autrefois couvert par la forêt, a été réhabilité par le DNF en collaboration avec Natagora et le programme européen Life Connexions. Les pelouses sur sable, très rares, ont été restaurées pour favoriser les espèces végétales et animales inféodées aux milieux sableux. Un milieu ouvert où certaines essences rares, particulièrement appréciées des pollinisateurs, ont été replantées.
Ici nous avons par exemple, la centaurée scabieuse. Elle est très attractive pour les pollinisateurs. Il est fort probable que si on la secoue un petit peu, un nombre important d’abeilles s’envolent.

L’andrène de l'Alysse, elle, privilégie des plantes qui fleurissent au printemps, ce qui explique qu’elle ne soit pas observable en été. Cependant, d’autres pollinisateurs sont présents et font l’objet d’un suivi via le programme national B4B.
En Belgique, on compte 425 espèces d’abeilles sauvages dont certaines voient leur distribution augmenter, poussées par le changement climatique. Les projets de restauration comme celui mené à Laclaireau sont indispensables pour maintenir ces populations. Dans cette réserve domaniale gaumaise, la réhabilitation de l'ancienne carrière est un réussite.
"Notamment par le fait que le déboisement s’est réalisé par arrachage, ce qui a permis de refaire sortir le sable, plutôt minéral et qui est aussi favorable pour les hirondelles de rivage. Donc, ça profite à plusieurs espèces, pas uniquement les pollinisateurs, mais les reptiles et les oiseaux également".
Sébastien Quennery, assistant de projet Life connexions
