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Vivalia : Un CA sans présidente et sous tensions

Vivalia : Un CA sans présidente et sous tensions
 Publié le lundi 31 mai 2021 à 15:54 - Mis à jour le lundi 31 mai 2021 à 16:25    Province

Le Conseil d’administration de l’intercommunale des soins de santé, Vivalia, prévu ce mardi soir, sera très probablement traversé de profondes tensions dont les secousses pourraient se faire ressentir jusque dans la majorité provinciale.

D’un côté, cette majorité provinciale Cdh-PS, dont le projet de nouvelle gouvernance (dans un premier temps soutenu par le MR, et fustigé par Ecolo et les syndicats) sera au cœur des débats. C’est la création du poste de futur Conseiller Stratégique, dévolu à l’actuel directeur général, Yves Bernard, qui focalise les critiques. Un poste créé « sur mesure » pour lui permettre de faire un pas de côté, tout en gardant un rôle primordial. Un pas de côté qui, pour rappel, est réclamé par plusieurs conseils médicaux de l’intercommunale. Mais ce projet de nouvelle gouvernance a été en partie cassé par les services du ministre de tutelle, Christophe Collignon (PS). La pierre d’achoppement : l’absence de lien hiérarchique entre le futur directeur général et le futur conseiller stratégique.

A la veille de ce conseil d’administration, l’alliance Cdh-PS se retrouve aussi fragilisée par la démission-surprise de la présidente de l’intercommunale, Marielle Remy (PS), annoncée jeudi dernier. Une démission qui a pris cours immédiatement, nous a-t-elle confirmé, elle ne présidera donc pas la séance du conseil d’administration de ce mardi et sera remplacée dans l’office par le vice-président, Roland Déom (Cdh).

De l’autre côté, MR et Ecolo qui, s’ils n’avancent pas en front commun, ont toutefois une lecture des faits en grande partie similaire. Pas question, comme le souhaite le Cdh, d’aller au Conseil d’Etat pour tenter de faire casser la décision de la tutelle. Donc, « oui » à un lien entre le futur conseiller stratégique et le futur directeur général. Lien de subordination ? Le MR ne le précise pas dans son communiqué, laissant la porte ouverte à d’autres solutions (et cite Idélux en exemple) alors qu’Ecolo en vient à se demander si Yves Bernard fait toujours partie de la solution… En cas de blocage de l’actuel directeur général, le MR préconise la nomination d’un président du comité de direction, comme c’est le cas à l’ISPPC, l’intercommunale de santé publique du pays de Charleroi. Avec Ecolo, les libéraux réclament aussi des mesures complémentaires à celles du Fédéral en soutien au personnel, où les manques au cadre sont devenus dramatiques.

L’enjeu du bras-de-fer, mais c’est un « non-dit », c’est la survie de l’hôpital de Bastogne jusqu’à la création de Vivalia 2025, à Houdemont (Habay). Une nouvelle infrastructure dont la mise en service est toujours annoncée officiellement pour 2025 mais pour laquelle les délais se réduisent drastiquement.

La pression est maximale sur le PS, partenaire du Cdh, et à qui revient, en vertu des accords de majorité, la présidence de l’intercommunale. Suivra-t-il le Cdh vers un recours devant le Conseil d’Etat pour tenter d’invalider la décision de la tutelle, alors même que le personnel est en souffrance ? Pour l’instant, le PS maintient le cap.

Mais il n’y a pas si longtemps, à un autre niveau de pouvoir, certains avaient retiré la prise pour moins que ça…

David Pierson