Ce vendredi 30 janvier, Ecolo Luxembourg a présenté ses voeux pour l'année 2026. Après avoir pansé ses blessures électorales, le parti repart au combat pour un projet de société plus humain et plus robuste, y compris dans nos régions rurales.
C'est dans le salon d'un restaurant libramontois, un peu comme à la maison, qu'Ecolo Luxembourg a souhaité délivrer ses bons voeux pour l'année 2026. Mais pour ses deux vice-président.e.s, Sophie Michel et Romain Gaudron, cette année ne débute pas sous les meilleurs auspices.
"Face aux différentes coupes budgétaires des différents gouvernements MR-Engagés, on se rend compte que beaucoup de citoyens sont en train de trinquer fortement dans leur quotidien. On est déjà bien loin des promesses de campagne d'augmenter le cadre de vie, d'augmenter les moyens financiers de chaque ménage et donc tout ça nous inquiète. On est inquiet pour les enseignants, on est inquiet pour les institutions qui perdent de nombreux moyens, toutes les associations notamment dans le secteur de l'environnement qui voient leur budget coupé... tout ça est vraiment très inquiétant" explique d'emblée Romain Gaudon, co-président d'Ecolo Luxembourg.
"Derrière ces discours de rigueur ce sont les citoyens ruraux qui paient l’addition"
Ecolo craint également pour les communes, mises sous pression par les mesures d'austérité prises à d'autres niveaux de pouvoir. Le tandem d'Ecolo-Luxembourg salue, par contre, la réforme des provinces. Ils attendent cependant des garanties pour le maintien des services publics et l'emploi provincial. Autre point bloquant pour soutenir cette réforme (qui nécessitera une majorité des 2/3), la question de la future gouvernance. Comme d'autres formations politiques en Luxembourg, l'Assemblée des Bourgmestres censée remplacer le conseil provincial ne convainc pas.
"L'Assemblée des Bourgmestres c'est une gouvernance qui est totalement majoritaire, avec aucun contrôle démocratique, aucun contre-pouvoir, aucune opposition... et ça nous semble vraiment problématique" explique Sophie Michel, co-présidente d'Ecolo Luxembourg qui avance des pistes pour assurer une meilleure représentativité des différentes composantes politiques (Ecolo y compris), a minima avec des observateurs.
L’échelle provinciale n’est pas toujours pertinente au niveau aménagement du territoire, du logement, …
Une bonne année... et une bonne santé
Les bons voeux d'Ecolo passent bien évidemment par la santé, synonyme en Luxembourg de Vivalia et son projet de nouvel hôpital. La semaine prochaine par le biais d'une député régionale, Ecolo interpellera le gouvernement Wallon pour obtenir le soutien de la banque de développement du Conseil de l'Europe. Ce n'est pas la première fois que les Verts avancent cette piste qui n'a pas été franchement suivie par l'intercommunale hospitalière qui craint un rallongement des délais. Mais pour Ecolo Luxembourg, le jeu en vaut la chandelle: "on parle de plus ou moins 10 millions d'euros, je pense qu'on ne peut pas se permettre de cracher sur une telle somme. Nous avons donc décidé d'interpeller le gouvernement wallon pour voir s'il pourrait se porter garant dans un tel projet" précise Sophie Michel.
Remplace la logique productiviste par celle de la robustesse
On le voit, Ecolo se repositionne sur des dossiers stratégiques dans un projet de société plus humain et résilient, explique le tandem luxembourgeois. Y compris au niveau économique où le parti met en avant la notion de robustesse des sociétés en opposition au culte de la performance. "Pour résister aux différentes crises car dans la course effrénée dans laquelle on nous entraîne, avec sa logique du burn-out, au final c'est toute l'entreprise, toute l'économie qui s'effondre" commente Romain Gaudron.
Le parti reste cohérent avec ses engagements, notamment sur les enjeux climatiques "mis sous le paillasson" par les gouvernements Azur et Arizona estiment-ils. Des enjeux qui se défendent également au niveau local, comme à Hachy dans la commune d'Habay, seule commune où Ecolo est présente dans un exécutif. "Ecolo y participe à des projets de végétalisation, mais aussi à la mise en place de l'accueil de jour. On ne laisse pas les gens sur le côté et on se soucie du cadre de vie".
Au niveau national, ce début d'année 2026 sera marqué par un renouvellement à la tête du parti suite à la démission du précédent binôme. De quoi alimenter les débats internes cher au parti, qui seront également mis à profit pour redéfinir le fonctionnement interne d'Ecolo.