Après le MR et les Engagés, c’était au tour du PS Luxembourg de réunir ses militants, ce lundi soir à Libramont, pour les traditionnels voeux. Mais point de réjouissance, face à des majorités qui fragilisent les plus faibles, affaiblissent la ruralité et mettent à mal l'institution provinciale. 

Janvier 2026 fera date chez les socialistes luxembourgeois. 
Bien que traditionnelle, cette soirée des voeux officialise en quelque sorte les passages de témoin à la tête de plusieurs piliers de la gauche luxembourgeoise.  

A commencer par la reprise en main du parti lui-même, sorti affaibli des dernières campagnes.  A sa tête, un duo : Devillers - Planchard. Et une priorité : remobiliser les équipes.  

"Beaucoup de sections ont disparu. Les affiliés sont toujours là, mais ils n'ont plus de sections, de lieux d'échanges, d'expressions  et de construction d'objectifs politiques. Nous avons commencé par remettre à plat les statuts. Nous allons maintenant relancer la dynamique au travers des comités d'arrondissement"
Jacques Devillers, président du PS Luxembourg

Assurément plus proche du PS Luxembourg qu’elle ne l’est en Wallonie, la FGTB Luxembourg vient elle-aussi de changer de visage. En fin d’année, Joël Thiry a passé le relais à Sabine Delaunoy, dont on aurait imaginé pour ce premier rendez-vous avec les militants davantage qu’un agenda des prochaines grèves et manifestations. 

Intervention plus musclée en revanche de Thierry Chamberland, désormais à la tête de  la mutualité socialiste du Luxembourg, mise à mal comme les autres, par les récentes déclarations du président du MR. 

"On voit très nettement que derrière ces attaques, il y a une envie de privatiser les choses et de remplacer un système qui fait ses preuves, reconnu comme un des meilleurs au monde, pour un autre, privé, qui serait délétère pour les citoyens"
Thierry Chamberland secrétaire général de la mutualité socialise du Luxembourg

,Côté politique, Philippe Courard de retour à la Chambre a repris son costume de professeur et distribué bons et mauvais points : un bon point seulement, pour le bras de fer gagné par Bart De Wever sur l’utilisation des avoirs russes. Et beaucoup de mauvaises notes !  Surtout pour les politiques qui fragilisent les plus faibles. 

"Je suis particulièrement touché par la situation des aidants proches, qui consacrent leur vie à un membre de leur famille qui  est dans la souffrance. Là on les lâche, on  les laisse tomber complètement. C'est désastreux."
Philippe courard député fédéral 

A la région la députée socialiste Mélissa Hanus tire quant à elle la sonnette d’alarme à bord d'un bus TEC, en route vers une réforme de son contrat de gestion.

"On craint une nette diminution de l'offre de bus, notamment en zone rurale, mais aussi une forte augmentation des tarifs, et la fin des tickets à un euro pour les jeunes et les seniors"
Mélissa hanus députée régionale

L’autre grand projet du gouvernement wallon dénoncé en bloc par les socialistes, c’est la réforme des provinces. Et ce danger de voir disparaître la capacité d’initiative qu’ont les élus provinciaux, dans des projets en Luxembourg qui dépassent les visions communales. 

"L'institution telle qu'elle est maintenant peut répondre rapidement à des besoins qui se font jour sur notre territoire. On l'a vu encore récemment avec la création de l'école secondaire  d'enseignement spécialisée à Bertrix"
Stéphan de mul député provincial

Et si ce n’était le danger de voir siphonner les finances de la Province par d’autres niveaux de pouvoirs,  "il y a aussi un problème de méthode", juge le PS Luxembourg.
Méthode vue comme "méprisante à l’égard de l’institution, des élus, et du personnel".