En ce début d'année, les formations politiques présentent leurs bons voeux à leurs adhérents. L'occasion de revenir sur la ligne du parti. En Luxembourg, c'est le MR qui s'est réuni le premier. C'était ce vendredi 9 janvier à Libramont, alors que les agriculteurs s'opposaient contre l'accord Mercosur approuvé par la commission européenne.
"Nous devons à la fois sauver notre agriculture et ouvrir de nouveaux marchés pour notre industrie". Pour Georges-Louis Bouchez, président du MR, le combat contre le Mercosur c'est déjà de l'histoire ancienne. Si son parti ne l'a pas approuvé, il estime aujourd'hui qu'il faudra s'adapter, notamment aux niveau des normes demandées aux agriculteurs. Au point de s'aligner sur les normes sud-américaines?
"Il faut préserver la santé, ça c'est indispensable, la planète... mais on a toute une série de règles qui sont des charges excessives, qui ne se justifient pas nécessairement" explique le président national. Un peu plus tôt, il a rencontré une délégation d'agriculteurs qui manifestaient devant la halle aux foires de Libramont où se déroulait la cérémonie des voeux du MR Luxembourg. Parmi eux, Florian Poncelet, président de la FJA et agriculteur à Léglise:
"On n'est pas vraiment pour une réduction des normes, mais dès lors qu'on est dans la même cour que tout le monde, il faut choisir le jeu. Aujourd'hui le jeu est trop compliqué pour nous, soit on le simplifie, soit on n'accepte pas ce qui rentre, qui ne répond pas à nos normes, mais il faut trouver une solution et ici ils proposent celle-là. Ce n'est pas forcément la bonne, mais c'est une solution".
"Il y a trop de politiques dans notre pays, on est beaucoup trop nombreux". Georges-Louis Bouchez, président du MR
Sous l'œil des ministres et cadres du parti, le président nationale déroule le train des réformes en cours, avec notamment en ligne de mire la réduction du coût des institutions publiques. Exit le Sénat, bye bye les provinces et pour les communes? "Et oui, nous allons devoir ouvrir le dossier de la fusion des communes" annonce le président à Libramont.
Une perspective qui n'enchante pas tous les bourgmestres, surtout depuis que le chiffre de 15.000 habitants a été cité comme seuil à atteindre.
"Je suis tout à fait d'accord d'évoluer, de faire évoluer le modèle, mais il faut qu'on garde notre proximité, il faut qu'on ait des territoires cohérents, donc une fusion qui serait basée uniquement sur le nombre d'habitants, ça n'a aucun intérêt". Simon Huberty, bourgmestre de Léglise
En Luxembourg, il faudrait dans certains cas fusionner jusqu'à cinq communes pour dépasser le seuil des 15.000 habitants. Une réalité qui n'a pas échappé au président du MR qui estime avoir été mal compris.
"Je n'ai jamais dit qu'il fallait arriver à 15.000. J'ai dit, si toutes les communes faisaient 15.000 habitants, nous économiserions 160 millions d'euros. Je n'ai pas dit que c'était une fin en soi. Il y a plusieurs critères à prendre en compte. Il est évident que l'étendue du territoire est également un critère. Il y a aujourd'hui en province du Luxembourg une telle étendue de territoire qu'il ne faut pas s'accrocher à un chiffre fétiche" commente Georges-Louis Bouchez.
Voilà qui rassurera probablement les bourgmestres luxembourgeois, mais le coup d'envoi est donné. Le MR annonce lancer dès ce lundi une initiative pour consulter ses bourgmestres et élus locaux pour envisager de futures fusions. Elles devront garantir le service aux citoyens, mais aussi alléger les finances publiques.
Notez enfin que le président provincial du MR, Benoît Piedboeuf, sera l'invité de la rédaction ce jeudi 15 janvier après le JT de 18h. Les président(e)s des autres partis suivront dans les prochaines semaines.