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Après Bouillon, Neufchâteau s’oppose aussi à la zone de secours 4.0

Après Bouillon, Neufchâteau s’oppose aussi à la zone de secours 4.0
 Publié le mardi 25 janvier 2022 à 15:42 - Mis à jour le mardi 25 janvier 2022 à 16:16    Bouillon - Neufchâteau - Province

La nouvelle majorité à Neufchâteau s’oppose au projet de réforme de la zone de secours 4.0. Ce lundi, les conseillers communaux décideront d’ester en justice. A l’instar de Bouillon, Neufchâteau réclame le statut “poste de base” pour sa caserne. 


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“Un poste de base et non un poste de premier secours à Neufchâteau”. A peine installée, la nouvelle majorité à Neufchâteau compte à son tour infléchir le projet de réorganisation de la zone de secours Luxembourg, et se dit prête à défendre ses intérêts sur le terrain judiciaire. Le point sera débattu et soumis au vote ce lundi au conseil communal. “Le projet tel que présenté ne nous convient pas. Nous désirons mandater un avocat pour explorer toutes les pistes juridiques afin de revoir la décision” explique le nouveau bourgmestre François Huberty.  “Si dans six semaines, on nous dit : “ce n’est pas jouable”, alors on verra… Mais on veut tout faire pour conserver notre caserne et la sécurité de nos citoyens”. Dans une certaine mesure, l’enjeu est aussi politique à Neufchâteau. Après avoir dénoncé l’absence de réactions de l’ancienne majorité face à cette réforme, le nouveau bourgmestre François Huberty ne peut rester sans riposter, et on verra lundi soir comment l’actuelle minorité se positionnera.

"On veut tout faire pour conserver notre caserne et la sécurité de nos citoyens"François Huberty, bourgmestre de Neufchâteau
Pour rappel, cette réforme 4.0 défendue par les professionnels de la zone a été votée à la quasi-unanimité du conseil de zone (moins l’opposition de Bouillon et l’abstention de la Province). Elle repose sur deux fondations : l’engagement de 80 professionnels, et un équilibrage des moyens et des postes de secours selon trois catégories.  Aux quatre casernes principales (Marche-en-famenne, Arlon, Bastogne et Libramont), s’ajouteront neuf postes de bases (Erezée, Vielsalm, Aubange, Etalle, Virton, Florenville, Bertrix, Paliseul et Saint-Hubert), et quatre postes de premiers secours (La Roche-en-Ardenne, Houffalize, Bouillon et… Neufchâteau). Toutes les casernes existantes restent donc en place, on passe même de 16 à 17 avec la reprise de l’ancienne PC de Libramont. Les modifications se situent au niveau des moyens (humains et matériels) et types de permanence qui y seront affectés. “Le calcul a été réalisé sur base des sorties annuelles, nous a commenté à plusieurs reprises le commandant de la zone Stéphane Thiry. “L’objectif est de renforcer l’ensemble de la zone. Et non pas, évidemment, de déforcer l’une ou l’autre région. Mais certains postes sont trop souvent dans le rouge, dans l’incapacité de sortir, faute de personnel, constate-t-il régulièrement. Cette nouvelle répartition permettra d’assurer des départs plus rapides et plus efficaces depuis les postes principaux, renforcés par les postes de base et postes de premiers secours.” 

La réforme saluée par le SPF Intérieur - Sécurité civile

Le président de la zone de secours et bourgmestre d’Arlon découvre et regrette l’intention de Neufchâteau d’aller en justice : “Ce projet assurera davantage de sécurité à la population, y compris à Bouillon et à Neufchâteau.” 

“Notre but est que ça fonctionne au mieux pour tous les habitants de la province !”
Vincent Magnus, président de la zone de secours Luxembourg
Aux arguments déjà exprimés, le président ajoute avoir reçu en fin d’année un avis extrêmement favorable du SPF Intérieur-Sécurité Civile. “L’inspection a été élogieuse et a salué la grande qualité du travail, tant sur le plan du personnel que sur le schéma opérationnel”. Vincent Magnus déplore les oppositions bouillonnaise et chestrolaise, mais reste confiant en ce nouveau plan : “j’aimerais que Bouillon et Neufchâteau démontrent en quoi la réorganisation serait moins sûr pour les citoyens, et je le répète, ce ne sera pas le cas ! Et  je ne vois pas comment, d’un point de vue juridique, ça pourrait être remis en cause.”

Invité personnellement à s’exprimer devant les élus bouillonais, le président de la zone de secours a botté en touche : “La décision que nous avons prise au sein de la zone est collégiale. Nous voulons bien en parler avec le bourgmestre de Bouillon, mais ça doit se faire au sein du collège de zone. Nous l’avons invité en ce sens.”

N’en doutons pas, l’intention de tous, chacun à son niveau, zonal, provincial ou communal, est d’améliorer la sécurité. Mais l’enjeu est aussi financier, car la réforme impliquera de nouvelles dépenses, récurrentes,  à charge des communes et de la Province. Et là, cette question, toujours : comment faire au mieux, avec des moyens limités ?


Christophe Thiry





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