Il avait boycotté la dernière séance du conseil communal, et boycottera désormais les débats au sein même du collège. Pierre-Alexis Roland a annoncé, ce lundi, sa démission en tant qu'échevin pour devenir conseiller communal de l'opposition.

Le temps passe, mais n'apaise pas les tensions à Saint-Hubert.

Une nouvelle période de turbulences est annoncée suite à la démission de Pierre-Alexis Roland de son poste d'échevin.

Pour rappel, l'élu de la liste "Borq et Villages" s'était déjà désolidarisé du collège en septembre 2025 en choisissant de siéger comme échevin indépendant. La faute à de nombreux désaccords dont le dossier des clôtures de l'aérodrome, mais aussi l'absence de mesures concernant un chef de service accusé de faits de violence, harcèlement moral et sexuel.

Cette fois, le Rubicon est franchi avec la démission définitive de son poste d'échevin, renforçant un peu plus l'opposition (9 sièges : CAP + Pierre-Alexis Roland) contre la tripartite devenue minoritaire sur papier (8 sièges - Dynam'ic + Borq et Villages + Agissons Ensemble).

Si le pacte de majorité n'est pas menacé en l'état, l'action communale pourrait être entravée, à défaut de trouver un compromis.

L'opposition se risquera-t-elle néanmoins sur ce terrain glissant sachant que des citoyens lui imputeront la responsabilité du blocage ?

Méfiance à tous les étages

Si Pierre-Alexis Roland justifie sa démission par cohérence avec ses convictions personnelles, elle n'en demeure pas moins un coup de pression supplémentaire sur la majorité qui, affaiblie, doit encore tenir durant quatre ans et demi.

Cette démission survient également à l'heure où l'opposition CAP peine à convaincre des élus "Borq et Villages" et "Agissons Ensemble" de voter une motion de méfiance en vue d'un nouveau pacte de majorité.

En coulisse, les marchandages ont été bon train ces dernières semaines ; CAP ayant prétexté avoir une option avec l'un ou l'autre élu de la majorité sans que ce ne soit véritablement le cas. Un jeu de dupes qui n'a trompé personne mais qui a, au contraire, consolidé le front anti-CAP, nous dit-on.

Le groupe, qui était encore aux affaires avant 2024, avait d'ailleurs claironné dans la presse son intention de déposer une motion de méfiance alors qu'aucun élu de la majorité ne s'était encore manifesté en sa faveur.

Suite au boycott du conseil communal qui n'a pas été compris voire réprouvé par une partie de la population, Pierre Henneaux, son chef de file et ancien bourgmestre, a finalement dû temporiser voire rétro-pédaler en expliquant simplement " être ouvert à la discussion ". 

De la démission de Pierre-Alexis Roland dépend toutefois le sort de la majorité. Parviendra-t-elle à rester debout contre vents et marées sachant qu' elle a déjà été convoquée par la Région wallonne et que des employés communaux ont quitté le navire ?

La tripartite, qui a ardemment défendu la conservation du réseau d'eau communal, devra redoubler d'efforts si elle ne veut pas être submergée.