Clap de fin pour la Brasserie Sainte Hélène qui n'a pas survécu aux crises successives. Alors que le secteur souffre, la fille du brasseur, Eddy Pourtois, a souhaité mettre une dernière fois en valeur le travail de son père qui fut l'un des pionniers des microbrasseries en Belgique. 

Ne cherchez plus la Brasserie Sainte Hélène à Florenville. Ces deux dernières années, le matériel et les stocks ont progressivement disparu pour bientôt laisser place à un garage. Au moment de liquider définitivement la société, la fille du brasseur nous a contactés pour rendre un dernier hommage au travail de son père.

"La brasserie Sainte-Hélène a quand même été assez importante dans la région, elle fait partie du patrimoine maintenant. Donc, c'était dommage de la laisser partir comme ça, sans en parler au moins une dernière fois" explique Margaux Pourtois.

"D'un hobby, d'une passion, on en a fait un métier. On ne regrette rien, on vécu la super belle époque du début des microbrasseries". Eddy Pourtois, brasseur.

Si chaque histoire est différente, celle de la Sainte Hélène est effectivement exemplative des difficultés qu'a traversé et  traverse encore le secteur des micro-brasseries. La Sainte Hélène, elle, ne s'est pas relevé des crises liées au covid puis à la guerre en Ukraine.

"Durant le covid, pendant trois mois, on n'avait plus rien du tout. Pas de subsides, pas d'aide pour les brasseurs. C'est qu'il fallait 50% de la clientèle de fermée pour pouvoir bénéficier des subsides. Donc on a bouffé un peu notre trésorerie. Malgré tout, on a repris pas mal de clients. J'ai fait pas mal de bières pour d'autres petites brasseries. Mais après le Covid, tout ce qui est exportation, ça a été pratiquement fini. Et puis, la guerre en Ukraine... tout a explosé au niveau énergétique... de la matière première à la bouteille, à la caisse carton, tout a doublé en un an de temps. Sauf que nous, doubler le prix de la bière, ce n'était pas possible" explique le brasseur Eddy Pourtois.

En 2024, Eddy Pourtois a décidé de tout arrêter. Mettant un terme à une aventure débutée en 1998 à Orsinfaing (Habay) et poursuivie à Ethe (Virton) puis Florenville.

Passionné par l'aspect scientifique du métier

"J'allais déjà mon labo, c'est ce qui m'a toujours passionné, le côté scientifique, le travail de la levure, c'est ce qui est amusant. La fermentation ouverte, il n'y a plus que Grégory (Verhelst, brasseur de la Rulles ndlr) et quelques gueusiers qui le font encore. Tout le monde travaille en cylindroconique pour éviter des risques. Mais d'un point de vue aromatique, il n'y a rien à faire. Les bonnes cuves ouvertes, ça le fait".
Eddy Pourtois, brasseur 

Eddy Pourtois, fut l'un des précurseurs de l'aventure des microbrasseries. Une époque d'entraide, d'expérimentation et de débrouille où le matériel était bien souvent fabriqué maison. Habile de ses mains, Eddy Pourtois a d'ailleurs retrouvé un emploi comme électro-mécanicien.

Aujourd'hui, la Sainte Hélène rejoint la grande histoire des brasseries luxembourgeoises. Mais si la mousse est retombée pour la Sainte Hélène, les rêves brassicoles d'Eddy fermentent toujours dans un coin de sa tête. On serait étonné qu'ils ne reviennent pas le titiller dans les prochaines années...