Ce mardi soir, une réunion d'information citoyenne sur le loup et son retour en forêt d'Anlier a attiré du monde à Fauvillers. Le DNF a voulu rassurer la population et répondre à ses questions depuis qu'un couple de loups a élu domicile dans la région.
Environ 130 personnes ont assisté, ce mardi soir, à Fauvillers, à la réunion d'information citoyenne organisée par la Région Wallonne sur le loup. La ferme Simon a fait salle comble. Vu l'affluence, on peut dire que le retour du loup en forêt d'Anlier passionne les foules. La SPW était là pour rassurer les citoyens et répondre à leurs questions.
"On est là pour répondre aux questions du public et nous, on apprend de ces interrogations. Le loup est de retour et comme il est protégé au niveau européen et wallon, on n'a pas le choix. On doit travailler pour une cohabitation harmonieuse avec le loup" Michel Baillij, inspecteur général SPW- Département Nature et Forêt
Les chasseurs et les éleveurs sont les plus concernés et impactés. Le SPW les a déjà rencontrés. Cette fois, la région s'adresse au grand public. Les différents utilisateurs de la forêt s'interrogent sur la dangerosité de l'animal et le risque de le croiser. Animal très discret, le loup a naturellement peur de l'homme et garde normalement ses distances.
Une foule de questions du public
"Peut-on aller en promenade en soirée ou tôt le matin avec des poneys?" demande ainsi une cavalière. "Normalement oui, répond Vinciane Schockert, biologiste au SPW - DNF DEMNA. Le loup sentira la présence de l'homme et devrait s'enfuir". La biologiste a répondu aux nombreuses questions de citoyens, éleveurs, chasseurs ou encore exploitants forestiers. Les conditions de vie du loup sont bien différentes aujourd'hui qu'au 18 ou 19ème siècle. Eradiqué de nos régions au début du 20ème siècle, le loup a, ces dernières années, regagné naturellement la Wallonie. Il s'est d'abord établi dans les Hautes Fagnes, puis c'est officiel depuis plusieurs mois, en province de Luxembourg, en Forêt d'Anlier et en Forêt de Saint-Hubert. Le Service Public de Wallonie a édité une brochure qui reprend diverses informations sur le loup dont les réflexes à adopter si on le croise.
Que faire face au loup?
- rester calme
- se tenir debout
- garder le contact visuel avec l'animal et donc ne pas lui tourner le dos
- ne pas s'approcher du loup ni des louveteaux
- tenir les chiens en laisse
- faire du bruit comme taper dans les mains et crier
- faire (si possible) une vidéo ou des photos qui permettront de documenter et valider l'observation par le Réseau loup
"Durant ces 20 dernières années, en Europe et même en Amérique du Nord, les cas de prédation sur humain sont extrêmement rares, comparativement aux attaques de chien sur l'homme", rapporte Vinciane Schockert, Biologiste SPW- DNF DEMNA
Dans le public, certains sont frustrés, d'autres contents de cette séance d'information et des échanges qui prouvent bien qu'il y a des avantages des inconvénients à ce retour du loup. "Quatre ou cinq en forêt, ça va, mais il faut éviter que ça parte en cacahuète, avance Jean Kessler, ancien agriculteur et chasseur. Il faudrait autoriser la régulation, laisser la chasse au loup ouverte". Le DNF n'exclut pas de devoir abattre des individus problématiques.
Beaucoup de craintes des éleveurs
23.000 loups sont actuellement recensés en Europe. Pour les éleveurs de moutons, de bovins et de chevaux, le retour du loup est un gros problème. Des mesures sont mises en place pour les aider à protéger leurs élevages. Leurs valeurs sentimentale et génétique dépassent largement les indemnisations, a-t-on entendu lors de cette réunion. De même que les conseils ne sont pas toujours faciles à appliquer..
"Pour avoir des aides, il faut répondre à beaucoup de critères que la plupart des éleveurs n'ont pas, rapporte Jean-Marie Duray, éleveur de chevaux et de moutons. J'élève des moutons Heidschnucke qui vivent dans des zones humides plus sauvages, donc c'est plus compliqué de les protéger que dans une bergerie, poursuit-il.
"En tant qu'éleveur de chevaux de trait ardennais, je me fais du souci pour les poulains. On nous demande de les chouchouter à l'intérieur pendant quelques mois, mais on ne peut pas garder des chevaux à l'intérieur toute une saison!" déclare Luc Quirynen, vétérinaire, éleveur de chevaux et bourgmestre d'Attert
Le bourgmestre d'Attert a fait part de toute une série de remarques dont le manque de communication vers les communes concernées. Les nombreux retours du terrain depuis 5 ans (depuis le plan loup 2020-2025) seront pris en considération par la RW pour parfaire son nouveau plan loup 2026-2030.
Séance d'info pour les éleveurs de la Forêt de Saint-Hubert ce 20 janvier
Si cette réunion était adressée aux citoyens de la forêt d’Anlier, eux de la forêt de Saint-Hubert seront également informés prochainement car un couple de loups s'y également installé de manière permanente. Une séance d’informations pour les éleveurs est prévue mardi prochain, le 20 janvier à 20h à la salle de Vesqueville. Cette réunion est destinée aux éleveurs de bovins, ovins, caprins et équins des Communes de Saint-Hubert, Saint-Ode, Nassogne, Tenneville, Libramont et Tellin. La date de la réunion pour le grand public n'est pas encore connue.