Arlon. La sablière occupée, un havre de biodiversité ?

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 Publié le mercredi 06 novembre 2019 à 17:10 - Mis à jour le dimanche 10 novembre 2019 à 20:33    Arlon - Saint-Léger

À Arlon, depuis près de deux semaines des militants écologistes occupent une ancienne sablière destinée à devenir un zoning artisanal. Les occupants de la ZAD s'opposent à l'artificialisation du site et mettent en avant son haut intérêt biologique, citant régulièrement la présence d'hirondelles de rivage ou de tritons crêtés. Idelux de son côté estime que ce caractère exceptionnel n'existe plus.

Qu'en est-il exactement ?

Nous avons interrogé Jean-Paul Jacob, expert scientifique auprès d'Aves-Natagora. Cet habitant de Châtillon (Saint-Léger) suit l'évolution des sablières de la région depuis de nombreuses années.


C'est un constat, les dernières informations en ligne sur le grand intérêt biologique de l'ancienne carrière de Schoppach datent au mieux de 2007, le plus souvent de 2003. On peut évidemment se demander comment la biodiversité a évolué ces 15 dernières années.


« Le site est connu pour son intérêt biologique depuis longtemps, depuis les années 80-90. Il a été fortement documenté au cours d'une convention entre la région wallonne, la Faculté de Gembloux et Aves, à l'occasion d'un inventaire sablière complet en Wallonie. Là son intérêt était assez impotrant. Ce qui se passe c'est que le site est laissé à lui-même, notamment la partie ancienne de la sablière qui a été en partie une décharge de classe 3 et une friche avec des remblais. Le temps passant, comme partout en Belgique, ce qui est herbacé d'abord se colonise de ligneux pionniers puis devient un bois à brève échéance » explique Jean-Paul Jacob, expert scientifique pour Natagora.


Une reforestation qui s'est accompagnée d'un comblement naturel des mares ce qui modifie le biotope observé jusqu'au début des années 2000. Résultat, le site a perdu une partie de son intérêt biologique, « mais en conserve encore » précise Jean-Paul Jacob. Si l'hirondelle de rivage et le triton crêté ont disparu de l'ancienne carrière, d'autres espèces menacées subsistent, comme le damier du plantain, un papillon rare présent surtout en Lorraine, notamment dans les landes à bruyères.


La lande à bruyère, un habitat menacé


« Les landes à bruyères, pour faire simple, se développent sur des sables acides. Ici dans la région, il y a une grosse zone d'affleurement qui engloble le camp Lagland, la région de Schoppach-Arlon et celle de Châtillon-Chantemelle. C'est un habitat rare en Wallonie, il faut aller vers la Campine pour le retrouver en Belgique, c'est un habitat menacé, au niveau européen » 


Des landes qui peuvent être protégées et même restaurées. C'est le cas dans la carrière, toujours en activité, de Châtillon (St Léger). Les parties qui ne sont plus exploitées ont fait l'objet d'un gros travail de déboisement grâce à un projet Life Herbage. Entretenue par des chèvres de Lorraine, la zone est redevenue un havre de biodiversité et placée en réserve domaniale.

Un travail similaire pourrait être mené sur le site de l'ancienne sablière occupée par les zadistes. 5,7 ha ont été confiés pour 99 ans à la Région wallonne pour y développer une réserve domaniale. 
Pour Jean-Paul Jacob, il y aurait moyen de faire mieux, en rajoutant notamment quelques dizaines de mètres du front de carrière avec un périmètre de protection d'un ou deux hectares.



Pour autant, la préservation de la biodiversité est elle compatible avec l'implantation d'une zone d'activité artisanale telle que le prévoit Idelux ?



« C'est relativement compatible avec un peu de bonne volonté de part et d'autre. Les PME sont de plus en plus sensibles aux aspects environnementaux. Et donc, il pourrait y avoir des phases de gestion de nature sur les abords des bâtiments des PME. Au lieu d'avoir une simple pelouse, tondue en continu, on peut aller vers des végétations de type lande, qui sont toutes aussi belles et qui permettraient d'accueillir de la biodiversité. Je pense qu'il y a des choses qui sont ouvertes »,
commente Jean-Paul Jacob.


Pas sûr que cette possibilité de compromis satisfasse les occupants de la ZAD. Rien ne dit, non plus, qu'Idelux soit prêt à aller plus loin que la mise en réserve des 5,7 ha. Jusqu'à présent, le projet de zone artisanale n'a pas encore été présenté dans le détail. Ce sera le cas, au plus tard, lors de l'enquête publique dont la date n'a pas encore été fixée.




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