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Forêt de Saint-Hubert : une vingtaine de moutons égorgés par un loup

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 Publié le jeudi 19 mai 2022 à 16:21 - Mis à jour le jeudi 19 mai 2022 à 17:02    Nassogne - Saint-Hubert

Une nouvelle attaque de loup a été constatée dans le massif forestier de Saint-Hubert. L'agression pour le moins violente a visé un troupeau de moutons placés en écopâturage dans le cadre du projet Life. Une vingtaine de brebis n'ont pas survécu.


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En arrivant ce matin à la bergerie située non loin de la Converserie, Jonathan Rifon et Sophie Deger ont immédiatement repéré deux brebis gisant au sol. Deux brebis de plus qui n'ont pas résisté à leurs blessures. "En tout, plus d'une vingtaine de moutons en sont morts, constate Sophie Deger. Une quinzaine ont été égorgés dans la pâture à quelques kilomètres d'ici, quatre-cinq ont été euthanasiés, et d'autres, comme ce matin, ont péri probablement à cause de l'infection." 

Voici deux ans, le couple a repris la bergerie proche Mochamps,  ainsi que le contrat qui les lient à la Région wallonne pour mettre à disposition leur troupeau et assurer l’écopaturage sur plusieurs centaines d’hectares du projet Life dans la grande forêt de Saint-Hubert.
C’est ainsi que quelque 200  brebis de race Roux ardennais, Entre-Sambre et Meuse, et Black Welche, avaient été déplacés dans une vaste tourbière le week-end dernier. C'est là, qu'ils ont été la proie, deux nuits d’affilée, d’une frénésie rarement constatée depuis le retour du loup en Belgique.
"On sait que le loup est présent en Belgique. Certains sont de passage, d'autres se sont installés dans les Fagnes. Nous n'avons pas encore les tests ADN ce loup-ci, mais ce qui nous étonne un peu c'est la virulence de l'attaque", pointe Thierry Petit, agent DNF. Plusieurs suppositions peuvent être avancées pour expliquer le nombre de brebis attaquées : "Le biotope de la pâture a probablement joué un rôle, avec de hautes herbes, des tourbières, des trous... Les brebis ont peut-être eu plus de mal à s'éparpiller".

Le loup fait partie de ces animaux étudiés, protégés, dont la Wallonie encourage la réinstallation, tout en veillant à maintenir l’équilibre avec son environnement… "Comme la cigogne noire, comme le castor, le retour du loup est la preuve des efforts fournis en faveur d'une naturalisation de sites. Mais il faut aussi veiller à la bonne harmonie avec l'environnement et avec les éleveurs".

Comme elle le fait systématiquement, la Wallonie interviendra financièrement pour chacune des brebis mortellement blessées par le grand prédateur. Et au couple d'éleveurs, elle a déjà fait livrer du matériel de prévention, des clôtures électriques, des fanions, ainsi que des lampes à flash censées écarter le prédateur. "Mais il faut les changer de place tous les jours. Ça va augmenter le travail", regrette Sophie Deger.

En attendant que tout se mette en place, les deux éleveurs garderont  leurs moutons sous surveillance à la bergerie. Et porteront un regard tout particulier sur deux agneaux,  nés cette nuit d’une brebis, blessée, mais survivante…


Christophe Thiry





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