256 personnes sont décédées lors de la première vague de chaleur en juin dernier en province de Luxembourg. C'est une augmentation de 24%, par rapport à la moyenne des décès enregistrés entre 2019 et 2025. 
Le débat sur les conséquences et les actions menées face au changement climatique s'est invité en débat au conseil provincial ce vendredi. 

Selon l’office national de statistique statbel, 256 personnes sont décédées en juin dernier en province de Luxembourg. Contre une  moyenne de 207 décès pour les mois de juin entre 2019 et 2025. On parle d'une augmentation de près de 24%. 

Cette hausse des décès se concentre notamment durant l'épisode de forte chaleur enregistré du 17 au 28 juin dernier. Sur ces douze jours, 106 décès ont été recensés dans la province, contre environ 84 en moyenne aux mêmes dates au cours des sept années précédentes. 

 Plus marquant encore: durant les quatre derniers jours de cet épisode de chaleur, entre le 25 et le 28 juin, 59 personnes sont décédées. C'est plus du double de la moyenne enregistrée pour ces mêmes dates lors des sept années précédentes.

La vague de chaleur a touché les personnes âgées 

Les personnes âgées représentent une part importante des décès enregistrés dans notre province. Sur les 256 décès du mois de juin, 163 concernaient des personnes de 75 ans ou plus. Et parmi elles, 102 avaient 85 ans ou davantage…

La province de Luxembourg ne fait pas figure d’exception… 

Si on se réfère aux chiffres publiés par Sciensano, la Belgique a enregistré durant la première vague de chaleur 2.035 décès supplémentaires, soit une hausse de 48,8% par rapport au nombre attendu en juin. Une surmortalité plus importante en Wallonie avec 78,2%, contre 65,6 % à Bruxelles et 31,2 % en Flandre. 

Difficile cependant d’affirmer que la chaleur est directement responsable de ces décès puisque ces chiffres concernent toutes les causes de décès.
Mais la concomitance entre cet épisode de chaleur et ce pic de mortalité, notamment chez les personnes âgées, amène certains politiques à se poser la question de notre capacité à protéger les personnes les plus vulnérables lors de ces épisodes caniculaires?

Canicule : quel rôle peut jouer la Province ?

Ces chiffres cités ont été mis en lumière ce vendredi après-midi par les conseillers provinciaux Olivier Barthélémy (MR) et Youri Barnich (Ecolo).   
Les deux élus s’interrogent sur les enseignements que la Province a pu tirer des épisodes de fortes chaleur et sur les politiques à mener, à la fois en tant qu’institution et comme coordinatrice avec les communes, les cpas, les services de soins à domicile et les maisons de repos. 

Dans les éléments de réponse, le collège provincial a rappelé avoir établi depuis janvier dernier une cartographie des territoires et des publics plus vulnérables, sur base de la démographie, de l’état santé, de l’accessibilité aux soins. Mais il s’agit bien d’une cartographie et non pas d’un registre nominatif, individuel.

Raison pour laquelle elle a mis en place en juillet, au moment des fortes chaleur, un service de suivi téléphonique. Ce numéro, c'est le 084 320972.   

Réduction des émissions de CO2 : -41% en 13 ans 

Les échanges ont aussi porté sur les bâtiments publics et les économies d’énergie. 
Avec ce résultat qui a été dévoilé en séance : - 41%. C’est la réduction de CO2 gagnée au niveau des bâtiments provinciaux, entre 2012 et 2025, grâce à des travaux de rénovation énergétique. L'investissement est de  23 millions d'euros. 

Quatre bâtiments communaux, comme base de travail

Autre élément, vis à vis des communes, cette fois. La Province a lancé au printemps dernier, avec l’ULg une étude comparative sur quatre types de bâtiments publics,  pour comprendre les problèmes de surchauffe et identifier les moyens d’y remédier.
Un appel à candidature a été lancé, Quatre bâtiments ont été retenu.

Les analyses et bonnes pratiques tirées de ces quatre études seront compilées et mises à disposition des pouvoirs locaux.
Elles sont attendues pour le mois de novembre.