Nouvelle manifestation à l'encontre des politiques d'austérité, menée ce mardi matin à Marche-en-Famenne.
Représentants syndicaux et monde associatif ont échangé avec la ministre Valérie Lescrenier, durant nonante minutes pour rester sur ses constats
Une boucherie mobile ouverte au coeur de Marche-en-Famenne : comme symbole du bain de sang social dénoncé par les syndicats.
Et si derrière le comptoir, semblent être davantage pointés les ministres et président du MR, qu’on ne s’y trompe pas : ce sont bien les deux partenaires de majorité qui sont visés.
"Il y en a qui se cache derrière l'autre, mais au final MR et Engagés sont deux partis de droite qui prennent des mesures associales"
Thierry Rolland, permanent CSC Enseignement Luxembourg
Une centaine de manifestants ont convergé ce mardi matin vers la place Toucrée.
Oeuvrant dans les secteurs associatif, culturel, social, dans les services publics, en mobilité, dans l’enseignement… tous dénoncent une politique d’austérité qui fragilise les plus faibles et divise la société.
"On est dans la même situation qu'en 1939 : ils suppriment les associations et les contre-pouvoir", compare Régis. "On se bat pour les publics qui bénéficient de nos associations. C'est un véritable saccage des acquis", constate Maud.
Michel Duby lui pointe la future réforme des pensions : "On perdra 5% pour chaque année de préretraite". La SNCB est aussi pointée : "D'année en année ça décline. Je pense qu'il y a une volonté de mise à mort des lignes locales", dénonce Maurice Mabille.
Un peu plus tôt dans la matinée, les représentants syndicaux attendaient de pied ferme les ministres Engagés, Crucke et Lescrenier, pour une table ronde où seule la Marchoise s’est assise en personne. Nonante minutes d’échange, au terme duquel chacun semble rester sur ses mêmes constats.
"Effectivement le contexte budgétaire est compliqué. Effectivement la plupart des secteurs sont touchés. Même si certains sont épargnés, comme celui de l'aide à la petite enfance, où de nouvelles places d'accueil vont être créées. Ceci étant, aujourd'hui, nous tenons à rester en lien et à dialoguer avec les différents secteurs"
Valérie Lescrenier, ministre régionale wallonne et de la fédération Wallonie-Bruxelles
"On a été entendu. On nous dit que le contexte budgétaire est ce qu'il est, que chacun doit prendre sa part, que l'associatif doit faire des efforts. Là-dessus on n'est pas d'accord. L'associatif remplit déjà avec peu de moyens les manquements des gouvernements", réagit à chaud Elise Jacquemin, représentante du Miroir Vagabond.
D'un côté il y a le discours "il n'y a pas de budget et il faut faire des économies", et de l'autre il y a le discours "on ne parle pas budget, on parle projet de société et de vivre ensemble"
Grégory Van de Put, Compagnons Bâtisseurs
"Les gouvernements nous parlent d'économie. Nous essayons de leur dire "comment faire autrement ? Sans accabler ceux dont les porte-feuilles sont les plus plats ? Mais au terme de cette réunion, on a le sentiment que c'est la fidélité au gouvernement qui est privilégiée"
Christine Mahy, Réseau de lutte contre la pauvreté
En milieu de matinée, le cortège s’est déplacé vers le rond point de la Pirire, où symboliquement les "petits poissons" ont formé le ban, pour essayer de ne pas se faire manger tout cru.