A Arlon, une enquête publique vient d’être lancée à propos de l’aménagement d’une zone d’activité économique sur la Sablière de Schoppach, en vue d'accueillir une trentaine d'entreprises artisanales. 
La transformation de ce terrain revenu à la nature n’est pas du goût de naturalistes arlonais. Ils l’ont fait savoir ce lundi matin.

Ni cri, ni chant, ni slogan… C’est par une action qu’ils ont voulu silencieuse qu’une quinzaine de citoyens arlonais ont témoigné ce lundi matin leur attachement à la sablière de Schoppach.

"Nous apportons un courrier aux membres du collège. C'est un recueil de textes, de poèmes, de dessins qui évoquent les émotions ressenties lors du déboisement de la sablière en 2021", explique Serge Rogge, administrateur de l'observatoire de l'environnement (Obsé).

Cinq ans plus tard, l’ancienne sablière de Schoppach a traversé le brouillard et la nature a repris ses droits, qu’entendent défendre ces citoyens et leur association environnementaliste locale.

"J'y ai passé toute mon enfance, c'était extraordinaire toute cette diversité biologique". "On vit dans une époque qui méprise totalement le vivant et ça me met en colère" ; "Je veux qu'on comprenne qu'on est là pour rendre notre monde vivant !" ; "C'est un site exceptionnel  en terme de  biodiversité, on n'a pas besoin de le bétonniser comme ça!"

Le projet contre lequel ils s’opposent c’est la réaffectation du site en zone d’activité artisanale. Un développement économique devenu indispensable aux yeux de la ville. 

"Le site de Weyler est complet. Celui autour de Ferrero aussi. On voit nos indépendants contraints de quitter la commune et s'installer ailleurs. Est-ce cela que l'on veut ? Nous n'avons plus de place pour accueillir des entreprises. Non pas des grosses entreprises mais des artisans, des PME..."
Vincent Magnus Bourgmestre d'Arlon

S’ils veulent réaménager cette ancienne carrière de sable, le Ville d’Arlon et Idélux se défendent de vouloir tout bétonner. Sur les 30ha, avancent-ils, la moitié seulement  sera réellement couverte par des halls artisanaux. Et sept hectares seront même mis en réserve naturelle, confiée au DNF.

"Nous sommes sur un site industriel, où une biodiversité s'est développée. Nous avons identifié les zones qui méritent d'être protégées. Ça représente environ sept hectares. Pour le reste, il n'y a rien d'exceptionnel. Il vaut mieux consacré cette friche à des entreprises, plutôt que d'aller grignoter des zones agricoles ou forestières vierges"
Fabian Collard, directeur général d'Idélux

L’Obsé quant-à elle considère la compensation prévue bien peu ambitieuse et rappelle au passage qu’il existe à deux pas de là,  une autre friche industrielle, laissée à l’abandon : celle des anciens ateliers de Stockem, propriété de la SNCB, qui reste sourde aux demandes de la ville…