Ce 30 janvier à midi, l'enquête publique sera clôturée concernant un permis introduit par Greencap. La société de Transinne qui cultive des sapins de Noël souhaite capter de l'eau sur son terrain. Certains riverains s'y opposent pour plusieurs raisons.
À Libin, c'est un dossier polémique qui refait surface en ce début d'année. Car c'est déjà la deuxième fois que l'entreprise Greencap introduit un permis d'environnement pour établir un puits à Transinne, à Papine. Objectif: capter jusqu'à 10.000m3 d'eau non potabilisable pour ses cultures de sapins de Noël.
Il y a deux ans, la même demande avait suscité des tensions au sein de la population locale, notamment lors d'une réunion publique proposée par la commune de Libin. Suite à ce coup de chaud, le géant de la culture du sapin de Noël avait alors mis sa demande au frigo. Il la réintroduit en ce début 2026 sur base notamment de l'avis d'un hydrogéologue du SPW qui estime que le captage ne sera pas préjudiciable pour l'approvisionnement en eau de la population locale.
"Tous les indices sont au vert et les risques craints par la population de la commune ici ne sont vraiment pas justifiés" estime Pierre Nogarède, hydrogéologue au Service des Eaux souterraines du Service Public Wallon, qui a remis (à nouveau) un avis favorable sur ce projet. De son côté, la société précise qu'elle recueille déjà un maximum l'eau de pluie sur le site, notamment via des mares et qu'elle installera en 2026 un nouveau système d'arrosage qui devrait lui permettre d'économiser près de 30% d'eau.
Un avis que ne partage par la minorité Agir Ensemble qui a lancé une pétition citoyenne sur les réseaux sociaux.
"Il y a une concurrence déloyale vis-à-vis des agriculteurs qui ont déjà beaucoup de difficultés à avoir accès à la terre. Ils ne savent pas mettre les prix que eux (Greencap ndlr) mettent. Donc, on est en train de favoriser un secteur non-nourricier aux dépens de nos agriculteurs qui veulent travailler pour nous nourrir. Que je sache, jusqu'à aujourd'hui on n'a pas encore mangé de sapin de Noël ni une soupe de sapin de Noël" commente Alain Gérard, conseiller communal (Agir Ensemble) .

On l'entend plus largement c'est la culture intensive des sapins de Noël sur des terres agricoles qui est dans le viseur des opposants. Depuis de nombreuses années ils dénoncent notamment l'usage de pesticides et l'atteinte à la biodiversité. Ils estiment également que l'eau doit rester un bien commun, pas un avantage économique offert à une entreprise.
Le dossier est assez exemplatif des choix auxquels devront, de plus en plus, faire face les communes dans un contexte de changement climatique, comme l'a encore rappelé le Gouverneur récemment.
Contactée, la société Greencap n'a pas su se rendre disponible pour nous exposer ses arguments. Du moins pas avant la fin de l'enquête publique qui se clôture ce vendredi 30 janvier à midi.
Les observations écrites peuvent être adressées à l'administration communale de Libin : Rue du Commerce, 14 6890 LIBIN ou urbanisme@libin.be
Précision : ce reportage a été réalisé en collaboration avec notre consœur de Vivacité Luxembourg (RTBF), Anne Lemaire.