Le village de Villers-sur-Semois (Etalle) dispose désormais d'une station d'épuration. Ce dimanche 8 mars, pour sa mise en service, Idelux a invité les villageois à visiter l'ouvrage. L'occasion de répondre à leurs questions mais également de solliciter leur aide... car l'assainissement des eaux ne peut se faire sans certains efforts du citoyen.
Le village doit son nom à la rivière qui le traverse : la Semois. Longtemps, ce cours d’eau a reçu une partie des eaux usées locales, sans aucun traitement. Aujourd’hui, grâce à une nouvelle station d’épuration, cette pratique appartient au passé.
D’une capacité de 400 équivalents habitants, la station a récemment ouvert ses portes aux riverains, à l’initiative d’Idélux. Les visiteurs ont pu découvrir un système à la fois simple et sophistiqué (le site est monitoré et pilotable à distance) : des bassins de graviers, bientôt recouverts de roseaux, filtrent les eaux usées du village.

Idélux invite désormais tous les habitants de la zone d’assainissement collective à se raccorder au réseau d’égouttage:
"On leur demande de s'assurer qu'ils soient raccordés au réseau d'égouttage, de bypasser la fosse septique pour que la charge polluante arrive en direct à la station sans pré-traitement. On leur demande aussi de la gestion des eaux pluviales. Éviter que les eaux claires arrivent dans le réseau".
Marie Poncelet, conseillère en environnement chez Idelux Eau
Le citoyen invité à faire sa part
Cette transition nécessite des aménagements : rebrancher les descentes d'eau sur un système de drainage, par exemple, ou plus simplement raccorder directement ses égouts pour ceux qui avaient des fosses septiques en zone collective. Des travaux qui auront nécessairement un coût:
"J'ai entendu dire qu'il fallait vider la fosse septique. La relester pour éviter un soulèvement du réseau naturel. Plus le bypass pour pouvoir aller à l'égout. Je ne sais pas quel sera le coût... mais j'imagine que si on parle de plusieurs centaines, voire milliers d'euros, sans aide de la commune, ça pourrait être un frein pour beaucoup de personnes" explique ce riverain dont la maison a un peu moins de 20 ans. Rappelons que se raccorder à l’égouttage en zone d'assainissement collectif est une obligation légale.
Inhabituel, la commune finance en partie l'ouvrage
La commune, de son côté, a mis la main à la poche pour financer une partie de l'investissement, alors que le projet n'était pas dans les priorités de la SPGE (Société Publique de Gestion de l'Eau). Une manière d’accélérer la procédure de plusieurs années et de démontrer son attachement à son environnement. Avec le collecteur, l'égouttage et la station d'épuration, les travaux ont coûté 1.450.000 euros.
"Ici, on est dans une zone nature à 2000. On a donné un petit coup de pouce pour que ça avance, sinon on devait encore attendre. On a investi 40% de l'investissement total de la station. En collaboration avec la SPGE et avec Idélux qui a géré tout le dossier"
Henri Thiry, bourgmestre d'Etalle (MR).
Prochain grand chantier, en tête des priorités de la SPGE, le village de Chantemelle. Viendra ensuite celui de Mortinsart. Ce dernier devrait bénéficier d’une station similaire à celle de Villers-sur-Semois.