Dans le cadre des journées wallonnes de l’eau, un coup de projecteur a été donné sur le captage de Neuve-Fontaine à Forrières (Nassogne), et sur les mesures prises pour diminuer la concentration en nitrates.
Les mesures laissent aussi entrevoir une alternative à la SWDE, en cas de manque d'eau en période estivale.  

Presque aussi vieux que la SNCB, par qui il a été construit pour les besoins de ses locomotives vapeurs, le captage de Neuve-Fontaine fournit depuis près de cent ans, l’eau de consommation sur un tiers des habitations de Forrières (Nassogne), et autant sur Jemelle (Rochefort).  

Emergeant naturellement des sous-sols calcaires de la Calestienne, la source a été identifiée par la SPGE, comme prioritaire à étudier et à améliorer.

"Depuis 2024, nous suivons de près ce captage, parce qu'il présente des niveaux de concentration en nitrates proches de la norme de potabilité. A certaines périodes, surtout en été, on flirte avec les 50mg/litres"
Georges Michel, Commission wallonne d'études et de protection des sites souterrains

Pour mesurer ces niveaux de concentration et les débits de production d’eau, trois piézomètres ont été forés en amont de la source, sur des profondeurs allant de 20 à 60m jusqu’à la nappe aquifère.

"Le constat que l'on pose est qu'en amont de la nappe, la concentration y est deux fois moins élevée. Elle se renforce au fur et à mesure qu'on se rapproche de la résurgence"
Benoît Lavigne, administrateur-délégué de la société d'hydrogéologie Sanifox

Naturellement présents dans le sol, les nitrates ont une concentration qui varie en fonction des types de cultures et d’amendements. Raison pour laquelle la Société publique wallonne de gestion de l’eau, a lancé des contrats captages. Une démarche volontaire qui aujourd’hui couvre un peu plus de 95% des surfaces et qui soutient une adaptation du modèle agricole. 

"On conseille les agriculteurs en matière de fertilisation. On mesure le niveau d'azote dans le sol, pour adapter l'apport de fumure minérale. On les aiguille aussi par rapport au choix de couverture des sols entre les cultures"
Christelle Houtet, chargée de mission ProtectEau

Et si après cinq ans de suivi, les dernières mesures nitrates laissent entrevoir une légère diminution bénéfique, les effets les plus importants ne seront visibles qu’une fois renouvelée l’eau de ce réservoir naturel. Et après avoir étandu la zone de protection. 

Mais aussi vaste soit-il, on parle d’un million de mètres cubes, le captage de Neuve-Fontaine pose aussi problème en termes d’approvisionnement. 

"La captage fonctionne par résurgence. L'eau sort de terre quand elle déborde en quelque sorte. En période d'étiage, le niveau diminue et le point d'émergence ne donne plus"
Georges Michel, Commission wallonne d'études et de protection des sites souterrains

Et là aussi des solutions apparaissent. Aux piézomètres toujours, les analyses laissent entrevoir des volumes importants disponibles…  mais en profondeur.  

"Ça nécessite d'installer des pompes. Mais pour ça il faut y amener de l'électricité. C'est un investissement qu'il faut bien mesurer. Dans l'immédiat ce n'est pas prévu. Nous allons attendre la fin de l'étude"
Marc Quirynen bourgmestre de Nassogne 

La commune de Nassogne se lancera-t-elle dans ces travaux de pompage ou continuera-t-elle à  solliciter ponctuellement le réseau de la SWDE ? La question est d’autant moins tranchée que le captage implique aussi la commune de Rochefort.