Santé

La ville de Marche dégage 100.000€ pour sortir les urgences du rouge

La ville de Marche dégage 100.000€ pour sortir les urgences du rouge
 Publié le mardi 06 juillet 2021 à 14:23 - Mis à jour le mardi 06 juillet 2021 à 14:42    Marche-en-Famenne - Province

Ce lundi soir, le conseil communal de Marche-en-Famenne a voté la mise à disposition d’un budget unique de 100.000€ pour le service des urgences de l’hôpital Princesse Paola, dans le but de ramener la sérénité, fidéliser les urgentistes, et retrouver un SMUR 100% opérationnel.

Sortir les urgences du rouge

Inquiétant”, “alarmant”, les conseillers communaux marchois n’ont pas caché leur préoccupation ce lundi soir de voir le service des urgences de l’hôpital Princesse Paola tourner au ralenti certains soirs, au point que le SMUR soit contraint de rester au garage. “Il faut tout mettre en oeuvre pour le SMUR de Marche ne soit plus dans le rouge “pour indisponibilité médicale”, insiste le bourgmestre. André Bouchat fait ici référence au conflit de personnes qui a pourri les négociations entre le conseil médical marchois et le gestionnaire Vivalia. Un bras de fer au centre duquel se sont retrouvés les médecins urgentistes.

Les urgentistes victimes d’un bras de fer 

Pour rappel, le conseil médical de Marche a mis un terme à l’accord de 2016 qui prévoyait une rétrocession de suppléments d’honoraires perçus sur les chambres simples au bénéfice des urgentistes. Sur les trois conseils médicaux (CSL, CHA, IFAC) qui avaient signé cet accord, seul l’IFAC l’a dénoncé, estimant que c’est au gestionnaire à présent de prendre en charge ces augmentations salariales. Un raisonnement que le gestionnaire a refusé de suivre,  eu égard notamment aux deux autres conseils médicaux. Conséquence, depuis janvier, le salaire des urgentistes a été revu à la baisse et plusieurs d’entre eux sont partis voir ailleurs. D’où le manque de personnel… D’où la mise au rouge du SMUR...

100.000 € pour éviter la réquisition

Pour sortir de là rapidement, le bourgmestre a proposé le versement “one-shot” de 100.000 euros au service des urgences. “Renseignements pris auprès du Directeur médical Philippe Deleuse, le différentiel (pour couvrir le manque à gagner des urgentistes, ndlr) est de 96.000€.  Ainsi, pour que le SMUR de Marche ne soit plus dans le rouge, pour éviter la réquisition de docteurs spécialistes qui n’ont pas reçu une formation d‘urgentiste, pour que Marche retrouve cette sérénité nécessaire à son redéploiement, je propose de verser les 100.000€ dès qu’on aura la preuve écrite qu’un accord définitif a été signé.”

Une concurrence malsaine entre hôpitaux de Vivalia

Comme nous le révélions voici une semaine, l’issue favorable aux négociations entre le gestionnaire et le conseil médical, pourrait venir d’un transfert du fonds de promotion de l’hôpital Princesse Paola. “C’est ce Fonds qui devrait permettre que tous les urgentistes de Marche travaillent au même taux que ceux d’Arlon – Libramont – Bastogne”, avance André Bouchat, dénonçant au passage la concurrence malsaine qui existe entre les sites hospitaliers de Vivalia :  “une concurrence néfaste au sein même de l’institution... Comment pouvons-nous admettre que le Conseil médical de Libramont vienne d’engager un de nos meilleurs urgentistes qui recherchait une meilleure rémunération à Libramont que celle qu’il avait à Marche. Au sein d’une même entreprise, ce recrutement est inadmissible.”“Nous soutenons la proposition, acquiesce le ministre wallon et conseiller de la minorité Willy Borsus. Elle résonne comme une prise de responsabilité, mais aussi comme un coup de poing sur la table, pour faire bouger les choses.”

Voir aussi les points positifs

Plusieurs conseillers sont  intervenus pour rappeler aussi et insister sur les aspects positifs de ce qui se fait au sein de Vivalia et de l’hôpital de Princesse Paola singulièrement. “Il ne faudrait pas que les problèmes occultent toutes les améliorations, tous les nouveaux services, les investissements, (nouvelle aile, nouvelle salle d’opération)...”, précisent Willy Borsus et Bertrand Lespagnard.

Le mot de la fin est revenu à l’échevin Christian Ngonggang : “Ce geste financier est un symbole pour soutenir les urgentistes qui sont restés fidèles à l’hôpital de Marche-en-Famenne, parce qu’ils se plaisent à Marche, parce qu’il y a un esprit marchois. Ce geste sera aussi de nature à calmer les esprits et à ramener les uns et les autres à la raison. Nous sommes en train de recruter de nombreux nouveaux jeunes spécialistes, mais il faut arrêter avec toutes ces discussions parfois stériles. Il est temps de siffler la fin de la récréation !”

Au vote, les conseillers ont marqué leur accord pour ce versement de 100.000€, à l’unanimité, moins l’abstention d’Ecolo.


Christophe Thiry