Vivalia fait-elle tout ce qu’il faut pour limiter le gaspillage alimentaire ?
La photo d’un conteneur à déchets rempli de plats préparés, a été publiée ce mercredi dans La Meuse Luxembourg. Elle met au jour une problématique soulevée en interne depuis quelques temps déjà.
Suite à ces révélations, le conseil d’administration lance un audit.  

Le potage aux épinards préparé dans les cuisines centrales de Vivalia  il y a tout juste une semaine, terminera-t-il sa course dans une poubelle ? La question est provocante, mais elle mérite néanmoins d’être soulevée au regard d'une photo récente, publiée par nos confrères de La Meuse Luxembourg.  

On y voit dans un conteneur parqué devant les cuisines de Vivalia à Bertrix, plusieurs dizaines de kilos de denrées alimentaires jetées là en attente d’être évacuées ! Cette photo comme d’autres, avait atterri quelques jours plus tôt sur le bureau de la présidence de l’intercommunale

"Evidement que j'ai été choqué en découvrant ces photos la semaine dernière.  J'avais déjà alerté voici quelques temps sur le fait qu'il y a une surproduction. Le management m'a justifié que dans le contexte des hôpitaux, il y a toujours un certain volume de déchets. C'est compréhensible. Mais de cet ampleur-là, de ce qu'on voit sur ces photos, c'est interpellant, ça pose problème"
Roland Déom, président de Vivalia

Vivalia doit approvisionner ses hôpitaux, maisons de repos et crèches, ainsi que des établissements extérieurs, 25 adresses en tout, pour en moyenne 2000 repas par jour, dont les quantités les plus importantes,  liées aux hospitalisations  sont difficilement quantifiables à l’avance, nous explique le directeur général adjoint Bertrand Lespagnard. Sans compter toutes les adaptations de recettes à anticiper. 

"C'est vrai que Vivalia doit décliner tous ses repas, sans gluten, sans lactose, sans sel, coupés ou moulus... Ça fait beaucoup de déclinaisons et autant de risque de pertes. Mais on n'imaginerait pas que Vivalia ne serve pas un patient parce qu'elle n'aurait pas anticipé"
Roland Déom, président de Vivalia

Joint par téléphone, le directeur général Pascal Mertens convient qu’une perte de 5% est un pourcentage communément admis au sein de plusieurs institutions hospitalières.
Chez Vivalia, plusieurs voix laissent entendre que ce pourcentage serait de 15%, soit trois fois plus de pertes.
C’est ce que devra vérifier l’audit interne sur la production cuisine. 

"Cela faisait partie de notre plan stratégique. Nous avions prévu de nous pencher sur la question des pertes alimentaires, mais ce dossier a été avancé. L'audit sera réalisé dès ce mois de janvier"
Pascal Mertens, directeur général de Vivalia

Parmi les priorités Vivalia aura à améliorer l’anticipation des besoins, la souplesse de sa production, et le contrôle de ses stocks... L'intercommunale aura aussi à élargir son réseau d’associations à qui offrir les prochains excédents, avant de s’en débarrasser. 

"Nous avons déjà des partenariats. Mais ce n'est pas aussi évident qu'il n'y parait. Pas plus tard que cette semaine, une des associations avec laquelle on travaille nous a prévenus qu'elle ne prendrait rien parce qu'elle a déjà reçu un important volume déstocké par une grande marque de distribution. Mais j'en conviens nous devons aussi améliorer ce point"
Pascal Mertens, directeur général de Vivalia