Selon l'Aviq, la pénurie de médecins généralistes s'accentue en province de Luxembourg. Entre 2016 et 2024, le nombre de généralistes a baissé de 7%, alors que les chiffres augmentent légerement dans les autres provinces wallonnes. Si on tient compte des équivalents temps plein, le constat est encore plus alarmant avec une baisse de 21%. 

Au centre médical de Nassogne, deux jeunes médecins se sont installées en 2025. Une bonne nouvelle pour cette commune, mais  vu la pénurie, ce n'est pas encore assez. "Directement, nos agendas ont été remplis, ça correspond aussi avec l'arrêt de notre confrère parti à la retraite. La pénurie de médecins dans les communes aux alentours se fait ressentir aussi car chaque patient essaie d'aller où il peut" constate Ophélie Petit, médecin généraliste à Nassogne

Selon les dernières statistiques de l'Aviq, 91% des communes luxembourgeoises sont en pénurie de médecins généralistes. Entre 2016 et 2024, la province de Luxembourg a perdu 7% de médecins généralistes.. Mais la baisse s'élève à 21%  si on tient compte des équivalents temps plein.

"Beaucoup de jeunes travaillent à 80% alors que ceux qui partent à la retraite travaillaient à 100%, voire 120%. C'est quand même une belle différence. Ça veut dire que l'offre totale baisse pour la population", remarque Guy Delrée, le président des médécins généralistes de la province de Luxembourg. 

Les médecins recherchent une meilleure qualité de vie

Le  seul constat encouragent dans ces chiffres est la moyenne d'âge des généralistes aujourd'hui légèrement plus jeune. Les jeunes recherchent une meilleure qualité de vie. La féminisation de la profession et les lourdeurs administratives expliquent aussi cette baisse généralisée de temps de travail. 

"On essaie de garder un certain équilibre entre notre vie professionnelle et notre vie privée pour tenir sur le long terme", confie le docteur Ophélie Petit, jeune généraliste à Nassogne

Si les différentes actions pour attirer des médecins ont permis d'éviter le pire, elles ne sont pas suffisantes. D'autres idées sont sur la table dont le recours à des infirmières comme cela se fait dans plusieurs pays européens explique le docteur Guy Delrée, président des généralistes de la province, lui-même médecin à Marche-en-Famenne "pour aider les généralistes dans des tâches comme la vaccination, la prévention, la vérification de paramètres, etc." L'institution provinciale planche, elle aussi, sur de nouvelles mesures pour faciliter l'accueil des assistants.  

Pour sortir de la pénurie, la province de Luxembourg a besoin de 84 nouveaux généralistes.