La contestation contre le décret-programme sur l’enseignement ne s’est pas arrêtée avec le vote du texte. Ce vendredi, malgré la pluie, environ 350 élèves ont encore défilé dans les rues de Virton. Cette mobilisation devrait être la dernière action officielle organisée dans la commune avant la fin de l’année scolaire
Le rendez-vous a notamment été porté par Laure Léonard, élève en 3e technique de qualification sociale à l’Institut de la Sainte-Famille. Pour elle, le vote du décret ne referme pas le débat. Les élèves veulent continuer à faire entendre leur opposition et montrer que les conséquences redoutées ne concernent pas seulement les enseignants.
« On veut montrer qu’on n’est toujours pas contents. On ne peut pas se laisser faire comme ça », explique-t-elle
Le cortège s’est arrêté devant la maison communale. Les élèves savent que la réforme ne se décide pas à ce niveau, mais ils veulent que leur message remonte vers les responsables politiques. Bertrand Chapellier, échevin de l’enseignement à Virton, rappelle que ses compétences concernent surtout le fondamental communal, pas le secondaire. Il dit toutefois vouloir relayer les revendications.
« Par rapport à leurs revendications, tout ce que je peux faire, c’est les faire remonter vers les instances politiques que je représente », précise-t-il
Dans les écoles, les inquiétudes prennent déjà une forme plus concrète. À l’Institut de la Sainte-Famille, le premier changement cité concerne le degré différencié, destiné à des élèves au parcours plus fragile à l’entrée du secondaire. Selon un enseignant de l’établissement, la première différenciée disparaîtra dès la rentrée 2026-2027. La deuxième différenciée restera encore une année, avant de disparaître à son tour.
La réforme pose aussi question pour certaines filières qualifiantes. Toujours selon cet enseignant, les 3e techniques de qualification et les 3e professionnelles sont appelées à disparaître de l’établissement d’ici deux à trois ans. Aujourd’hui, ces classes représentent environ 80 élèves. Derrière les chiffres, certains témoignages ramènent aussi la réforme dans la sphère familiale.
« Ma maman est enseignante et actuellement malade. Ça impactera forcément sa vie et la mienne aussi, parce qu’elle ne pourra peut-être plus travailler », confie une élève qui explique que sa maman, enseignante, pourrait être touchée par les nouvelles règles autour du mi-temps thérapeutique
Si cette mobilisation devrait être la dernière avant les vacances à Virton, certains élèves refusent de considérer le dossier comme clos.
« Peut-être qu’il y a encore une chance de changer les choses. On ne va pas abandonner, ce n’est pas fini », résume un jeune
Élèves et enseignants ont désormais l’été pour décider si la contestation reprendra en septembre.