À Virton, les copies ont quitté les salles de classe pour s’inviter en plein marché. Ce vendredi matin, une vingtaine d’enseignants issus de trois écoles secondaires de la région ont installé des bancs sur l’avenue Bouvier afin de corriger des travaux d’élèves sous le regard des passants

Une action symbolique organisée par le collectif "Mars Attacks" pour dénoncer plusieurs réformes dans l’enseignement et sensibiliser le public aux réalités du métier. Pour les enseignants présents, cette mobilisation visait aussi à montrer qu’une partie importante du travail se poursuit bien au-delà des heures de cours.

“Le travail des professeurs ne se fait pas uniquement en classe, il se fait également à la maison, après journée. Et nous souhaitons montrer ça à tout le monde”, explique Thibault Poncelet, professeur de sciences au Collège Notre-Dame du Bonlieu

Plusieurs enseignants décrivent également un métier devenu plus lourd et plus exigeant ces dernières années, avec une charge mentale et un suivi des élèves toujours plus importants.

“J’ai souvent l’impression de faire un one-woman show toute la journée parce qu’il faut constamment maintenir les élèves en éveil. Ça demande énormément d’énergie et de concentration et, à la longue, c’est fatigant”, témoigne Nathalie Hutlet, enseignante à Virton

Quelles conséquences après les réformes?

Au-delà du quotidien des professeurs, les enseignants présents dénoncent surtout les conséquences potentielles de certaines réformes sur les écoles techniques et professionnelles de la région. Plusieurs craignent une baisse du nombre d’élèves dans certaines sections, mais aussi des regroupements de classes qui compliqueraient davantage le suivi des élèves.

“Il y a moins d’heures données aux écoles et c’est de plus en plus compliqué de faire travailler les élèves dans ces conditions”, explique en substance Joël Gibou, enseignant à Pierrard

Selon plusieurs enseignants, ces réformes pourraient également entraîner des suppressions d’emplois dans certaines écoles de la région.

“La Ministre Valérie Glatigny l'a confirmé à Arlon, il y a quelques semaines. Il y aura des pertes d'emploi. Pour certains jeunes, il va aussi y avoir des changements. Ça voudra peut-être dire devoir prendre le train ou le bus plus tôt pour suivre certaines formations qui n’existeront plus forcément à proximité”, ajoute Marylène, enseignante au Collège Notre-Dame du Bonlieu

Sur le marché, l’action a suscité plusieurs réactions parmi les passants, certains découvrant une partie du travail effectué en dehors des cours.

“On met de plus en plus d’administratif sur le dos des enseignants et ils ont parfois moins de temps pour enseigner”, estime une passante rencontrée sur le marché

Après les corrections et les échanges avec les passants, les enseignants ont progressivement rangé leur matériel… mais les inquiétudes, elles, restent bien présentes.

Infos : Mars Attacks