Ce mercredi, le Rox à Rouvroy accueillait des clubs, des sportifs et des représentants des différentes fédérations de handisport belges, françaises et grand-ducales. L’occasion d’échanger sur leurs pratiques.

Parmi les clubs présents se trouvait le Royal Cercle de Tir Arlonais (R.C.T.A.), où évolue Lauanna Habaru, championne de Belgique de para-tir. Présente pour partager sa passion et prouver que ni son handicap ni son fauteuil ne l’empêchent de se dépasser.  C’est d’ailleurs pour montrer que c’était possible pour elle qu’elle a commencé le tir il y a 8 ans.

«J’ai fait du tir parce que mon père en faisait lui aussi. Il s’est lancé dans la ligue handisport, pour les personnes comme moi, pour montrer que c’est possible.» Lauanna Habaru

Possible, si les aménagements nécessaires sont faits, estime le père de Lauanna.

«Il y a un délaissement énorme des personnes souffrant de déficiences importantes. Je prends le cas de ma fille, qui est en fauteuil roulant : elle ne peut même pas se rendre quelque part avec son fauteuil propre. Que ce soient les terrains, les trottoirs… rien n’est prévu pour ce type de personne !» Serge Habaru, père de Lauanna et moniteur de tir

Une pédagogie adaptée

Dans d’autres disciplines, comme le karaté, la manière d’enseigner est aussi adaptée afin de convenir au plus grand nombre.

Certains repères sont modifiés, un code couleur rouge et bleu remplace les indications gauche-droite, tandis qu’un symbole est associé à chaque coin de la salle pour faciliter la compréhension.

« On va, par exemple, vers le papillon avec la jambe bleue, et non à gauche avec la jambe gauche. »  Noémie Pierre, professeure de karaté

Des bienfaits physiques et sociaux

Pour Thomas, qui pratique le basket-fauteuil en club depuis deux ans, le sport lui permet autant de se sentir bien physiquement que de partager des moments avec les autres.

«Ça m’apporte du bien-être. Et puis le fait de jouer en collectif, ça permet d’avoir des moments conviviaux.»

De nombreux bienfait constatés aussi du côté  de la fondation des Cailloux Blancs (accueil d'adultes en situation de handicap à Mellier), venue avec un groupe de résidents dont certains n’ont pas accès à la parole.

« Le sport permet de libérer des émotions. Se libérer par l’activité physique, c’est porteur pour eux ». Wendy, accompagnante.

Sa collègue Christelle souligne également l’enthousiasme des participants.

«Ils sont très demandeurs, ils ne veulent pas arrêter les jeux et nous demandent même de participer à des activités qu’ils n’ont pas encore eu l’occasion de faire.»

Tous espèrent désormais voir ce type d’initiative continuer à se développer dans la province de Luxembourg, où quinze clubs sont déjà affiliés à la Ligue handisport francophone.