Le centre d'hébergement Banalbois vient d'être reconnu comme projet pilote pour accueillir des hommes à comportement violent dans le cadre familial. L'accompagnement se fait sur base volontaire.
Cinquantenaire cette année, Banalbois accueille une quarantaine de résidents.
Ouvert en 1976, un peu à l’écart, en pleine forêt entre Libramont et Hatrival, le centre accompagne des personnes adultes masculines en situation de précarité : fragilité psychologique, assuétude, en difficulté de logement…
Aujourd’hui, l’association vient de se voir reconnaître comme projet pilote pour épauler des hommes confrontés à des problèmes de violence familiale.
"Nous préférons dire des hommes à qui s'adresse le projet, qu'ils ont un "comportement violent" plutôt que dire d'eux qu'ils sont "auteurs de violence". Ce qui est important pour nous, c'est de ne pas les réduire à un acte, mais de laisser la place à l'humain qui peut changer, modifier ses comportements et qui peut avoir autre chose comme solution d'action que des comportements violents"
Ingrid Iachini, directrice de Banalbois
Un accueil sur base volontaire
La singularité du projet repose sur un accompagnement volontaire, et non pas imposé par décision judiciaire.
"Effectivement, entre le moment de la prise de conscience et la judiciarisation de ce genre de situation, il y a un « no man's land », un espace où on ne travaille pas avec ces personnes. Selon nous, c'est ce moment-là qu'il faut utiliser pour éviter de judiciariser ces situations.
Avec ce projet, nous disons : "Agissons le plus rapidement possible et évitons d'éviter des faits supplémentaires et un emprisonnement"
Ingrid Iachini, directrice de Banalbois
Un éloignement pour se reconstruire
Le centre Banalbois accueille 45 personnes, soit en résidence, soit en maison de vie communautaire, soit en appartements supervisés à Saint-Hubert. Un éloignement du cadre familial qui favorisera le travail sur soi et la reconstruction.
"On travaille aussi sur le collectif, avec des travaux de groupe, des groupes de parole, des groupes thérapeutiques, et sur un axe plus individuel, directement avec les personnes. C'est un accompagnement quotidien"
Catherine Lombet, travailleuse sociale
"On travaille par groupes fermés et groupes ouverts. Les groupes fermés sont composés de huit à dix personnes réunies six journées, six fois sept heures. On y aborde des thématiques au niveau de la parentalité, du couple, de la gestion des émotions, on retrace un peu le parcours de vie, voir un peu comment les personnes ont été socialisées, ce qui s'est passé dans leur vie, pourquoi ils ont recours à la violence, et on termine par une séance de clôture où il y a un retour des intervenants, du groupe et de la personne elle-même"
"Ce qui était important pour nous, c'est de changer le paradigme. En accueillant les hommes qui ont commis des actes violents, on permet aux femmes et à leurs enfants de rester chez elles."
Qu'est-ce qui pourrait amener des personnes à se présenter volontairement à la porte de Banalbois ?
"La première prise en compte de la problématique part souvent d'une réaction d'autrui. Ça peut être des écoles, un centre PMS, peut-être même la police. Nous voulons faire passer le message qu'il y a peut-être moyen de travailler cette problématique sans pour autant être puni. On va développer les partenariats avec tous les services de première ligne qui ont des contacts directs avec ce genre de profils, en expliquant notre initiative"
50 ans fêtés en deux temps
- Le 29 août, Banalbois organisera une balade gourmande, où les bénéficiaires seront associés dans la préparation du repas
- Le 13 octobre, le centre proposera une partie plus académique avec la Haute École Robert Schuman. Un colloque s'articulera sur les pratiques professionnelles et la façon dont le service travaille au quotidien avec les résidents