Le petit-neveu de Richard F Wiegand et son épouse se sont récemment recueillis devant la stèle érigée en mémoire de ce soldat américain qui, le jour de Noël 1944, d'un coup de bazooka, a arrêté une colonne de chars de la 2e SS Das Reich.
C'est un premier retour sur les lieux d'un acte héroïque de son grand-oncle pour James Shepard et son épouse. Ici, entre Grandmenil et Briscol, Richard Wiegand a stoppé l'avancée d'une colonne de chars de la 2e division blindée allemande "Das Reich". C'était le 25 décembre 1944, jour de Noël.
"Il était ici. Et ils étaient dans des foxholes dans les bois par ici sur le côté. Et les tanks sont arrivés et il a tiré sur le premier tank, par l’arrière, mais l’explosion l’a tué lui aussi. Mais il a arrêté les tanks et, manifestement, ce fut utile dans la Bataille des Ardennes", James Shepard, petit-neveu de Richard Wiegand
"Il n’y avait aucune possibilité de contourner ce tank, donc ils ont dû faire marche arrière et retourner dans le village de Grandmenil. On pourrait penser qu’ils auraient tenté de pousser le tank endommagé dans les buissons ? Oui, ils ont d’abord essayé mais c’est comme repousser un bouchon de champagne dans une bouteille, ça coince et ils n’ont pas pu y parvenir. Et bien-sûr l’artillerie s’est mise à canarder et beaucoup de soldats américains leur tiraient dessus.", Bob Konings, passionné et guide touristique
Les chars allemands, ce sont principalement des Panther V comme celui que l'on peut encore voir à Grandmenil. Après avoir perdu plusieurs unités sur un champ de mines dans ce village, le reste de la colonne avançait vers Erezée sans la protection d'infanterie. Ils appartenaient à la 2e armée SS Das Reich, une unité connue pour sa cruauté.
"Oui, c’est incroyable ce qu’ils ont fait durant la campagne de Russie et après bien-sûr, en France, à Oradour-sur-Glane et Tulle où ils ont massacré un grand nombre de civils. Tous ces allemands étaient des vétérans et les Américains absolument pas ? Non, ils venaient de débarquer au Havre, du bateau le Queen Mary. Ils étaient tout juste arrivés en Flandre. Et quand l’offensive des Ardennes a débuté, ils ont été envoyés à la hâte dans la région de Grandmenil et un autre régiment, le 219e dans les environs de Hotton.", Bob Konings
L'identification de Richard Wiegand comme étant le soldat qui a tiré n'a été faite qu'il y a une petite vingtaine d'années, par des passionnés dont Dimitri Detroz. En 2009, la commune de Manhay a fait ériger cette stèle commémorative au lieu-dit Trou du Loup.
"Ce sont des recherches que j'effectue tout le temps et je suis tombé sur un site de discussions aux Etats-Unis. Et ils cherchaient le nom du soldat qui a arrêté la colonne. Et en discutant avec des vétérans de la 75e, on a réussi à mettre un nom.", Dimitri Detroz, passionné de l'histoire de la bataille de Grandmenil
Après son retrait cette colonne de chars n'a jamais pu aller plus loin malgré d'autres tentatives. Pour le petit-neveu de ce héros, revenir pour la première fois sur les lieux de cet événement est émouvant.
"Ce l’est. Je n’ai jamais connu Richard puisqu’il est mort bien avant ma naissance. Mais j’ai entendu son histoire, ce qu’il a fait. Ces faits se maintiennent dans l’histoire de votre famille ? Chacun sait ce qu’il a fait ? Oui, c’est bien que cette histoire soit connue et raconté, qu’il ne soit pas mort sur le bord d’une route pour rien…", James Shepard, petit-neveu de Richard Wiegand
James et sa femme ne sont restés qu'une journée chez nous ; après avoir visité le musée de Manhay, ils sont partis en Allemagne sur les traces des faits d'armes d'un parent de l'épouse de James.