Ce mardi 17 mars, nous sommes montés sur le chantier le plus haut perché du chef-lieu. Entamés il y a 9 mois, les travaux de rénovation du clocher de l'église St Martin avancent bien. D'ici peu, la reconstruction de la flèche pourra débuter.

Pierre après pierre, les ouvriers de l'entreprise Galère ont démonté la flèche du clocher de l'église St Martin. Pesant jusqu'à 100kg, les pièces sculptées néogothique ont été descendues 90 mètres plus bas. Après 9 mois de travail, le chantier est arrivé à hauteur des rosaces, juste au-dessus de l'horloge.

"On a bien avancé, il nous reste six assises à démonter donc au total ça représente environ environ 28 m sur les 35 m de la flèche de la tour du clocher. La prochaine étape, sera de reconstituer la voûte sur laquelle on va arriver bientôt et rebâtir l’ensemble. On devrait débuter en avril et on espère terminer à la fin d’année, pour la l’entièreté de la flèche avec la croix compris".

Avec un peu de chance, la croix sera donc en place pour Noël au sommet de l'édifice. Mais d'ici là, c'est une véritable challenge qui attend les équipes de Galère patrimoine : remonter toutes les pièces qui ont été soigneusement numérotées au cours de la déconstruction.

"Toutes les pièces sont numérotées, ça représente plus de 3.000 pierres et on doit absolument les garder dans le bon ordre pour ensuite les remettre en place au bon endroit, parce qu’elles sont quasiment toutes toutes différentes. Donc à chaque fois les ouvriers ont un plan d’assise, et ils placent les bonnes étiquettes sur les bonnes pierres".

Des pierres bleues en petit granit dont certaines ne pourront être sauvées. Trop abîmées par l'usure du temps, elle seront entièrement retaillées. D'autres seront consolidées, notamment en injectant de la résine dans les fissures. Une opération menée par une entreprise française, spécialisée dans la rénovation des monuments et sites.

Les fissures de la tour du clocher

Au niveau des abats-son du clocher, ce sont les pierres en grès de la Rochette qui font l'objet de toutes les attentions. Au fil du temps, des fissures importantes sont apparues, consécutives aux vibrations des cloches. En cause, le beffroi en métal installé au sortir de la seconde guerre mondiale (durant laquelle l'occupant avait volé les cloches), en lieu et place de l'ancienne structure en bois. Une erreur historique qui sera réparée lors de la phase 3 du chantier. Mais avant cela, il faudra réparer ces fissures, sans tout démonter cette fois.

"C’est toujours à l’étude, mais on va certainement faire un couturage des fissures, donc introduire soit des ancrages ou des grandes tiges filetées pour re-ceinturer un peu tout ça. Donc là actuellement on a la commande pour la tranche ferme (subsidiée à 95% par la Région) et la la tranche conditionnelle 1 (pas encore attribuée) concerne le remplacement du beffroi métallique par un beffroi en bois, donc il y aura une capacité d’absorption des cloches beaucoup plus fort que ce qu’il y a actuellement".

Restera ensuite à rénover les trois premiers niveaux de la tour. Coût global des travaux : 10.400.000 euros dont 1% à la charge de la Ville d'Arlon et 4% à la charge de la Province de Luxembourg.