Moins visibles que ceux de St Matin, des échafaudages ont fait leur apparition il y a une semaine le long du rempart de Saint- Donat. C'est la dernière phase en date de la réfection de l'ancienne place forte de la fin du 17e siècle. Et pour rejointoyer les murailles, l'entreprise est revenue aux techniques d'origine.

Entamés il y a deux ans, les travaux de rénovation des remparts entourant l'église Saint-Donat sont entrés dans une nouvelle phase, visibles par les échafaudages qui ceinturent les murailles et le bastion situé près de la montée royale. 

Après un nettoyage des murailles, envahies par la végétation, un état des lieux sanitaire des remparts et bastions avait été dressé. Avec un constat: la nécessité de refaire les joints de la maçonnerie qui, dans les années 60-70, avaient été remplis de ciment. Une fausse bonne idée car si la mise en œuvre est rapide, le procédé empêche l'édifice de "respirer". Aujourd'hui, les infiltrations et le gel font sauter petit à petit ces joints en ciment.

"Le ciment a beaucoup été utilisé à l'heure industrielle. C'est facile, c'est rapide. Et donc, on a plein de monuments qui ont été refaits au ciment. Ici on va revenir à la technique originelle, avec un joint de chaux, donc une part de chaux et trois parts de sable. Et on va remailler ainsi toute la maçonnerie" Pierre Raeven, gestionnaire du projet pour Artebat.

Une rénovation "à l'ancienne", même si sur les échafaudages c'est le bruit des marteaux-piqueurs qui domine actuellement. Il suffit de s'écarter vers la rue du Marquisat pour deviner à quoi ressemblera le résultat final. Ces deux dernières années, une bonne partie des remparts a déjà été refaite. L'ensemble du chantier est prévu sur quatre ans.

"La première année, on a exécuté une partie du rempart, un bastion et deux moitiés de courtines. C'était la partie la plus endommagée. Et là, maintenant, pour cette troisième année, on travaille de nouveau sur deux courtines et un bastion". Catherine Collet, architecte.

Avec parfois de mauvaises surprises, comme ces pierres plus décoratives que structurantes ou des racines profondément ancrées dans l'édifice. Au final, l'enceinte de l'ancienne place forte (dont la construction avait débuté en 1698) sera remise en valeur. C'est le souhait de la Ville d'Arlon qui assure à 100% le financement du chantier.

"C'est un budget annuel de 70.000 euros pendant quatre ans. Et cela sans aide régionale, même si le périmètre, dans son ensemble, est classé. Des subsides sont possibles, mais pour les biens spécifiquement classés, comme la montée royale ou encore les charmilles". Anne Lamesch, échevine de la Ville d'Arlon 

Après la rénovation du parvis, du clocher et son belvédère, la butte de Saint-Donat commence à avoir belle allure. L'an prochain, c'est le bastion opposé à celui en travaux qui fera l'objet d'une rénovation complète. Les chantier actuel est encore prévu pour cinq semaines.