Enrichir la réflexion et les actions du Parc National de la Vallée de la Semois, c'est l'objectif du comité citoyen. Une assemblée d'une vingtaine de personnes, tirée au sort, qui s'est réunie à plusieurs reprises. Nous avons assisté à la séance de clôture ce samedi.
C'est déjà la deuxième fois qu'un comité citoyen est mis en place pour accompagner la réflexion autour des actions menées par le Parc National de la Vallée de la Semois. Lors de sa création en décembre 2022, le Parc avait fait appel aux citoyens pour recueillir leur avis. Une démarche appréciée si bien que les participants avaient demandé qu'un comité soit mis en place. Une proposition inscrite dans les statuts puis mise en oeuvre lors d'une première session. Parmi les premières participantes, on retrouve Laura, qui a rempilé dans le comité mis en place en 2026.
"C'était d'ailleurs l'une des suggestions du premier comité citoyen, qu'un tiers des participants puisse revenir lors du comité suivant. Moi, ce que j'ai apprécié, justement, dans ce comité citoyen, c'est que toute personne donne sa parole. On peut vraiment avoir un large panel de discussions et d'échanges, et pouvoir apporter notre motivation et nos idées jusqu'à la direction du parc national".
Laura, participante
Avec l'expérience du premier panel citoyen, le nouveau comité a gagné en efficacité. Cette fois, la vingtaine de citoyens tirés au sort a travaillé sur des axes proposés par le Parc National dans le cadre de leur prochain plan opérationnel 2026-2030, comme la gouvernance ou la protection de la biodiversité face aux bouleversements climatiques.
Réunis à Herbeumont ce samedi 11 avril, les participants se sont réunis par groupes de travail. Celui de Robert, par exemple, s'est penché sur la problématique des incendies de forêts dans un contexte de diminution des moyens humains pour le DNF (Département de la Nature et des Forêts).
"Il y a une réduction de l'effectif du DNF, et donc ils subissent une pression supplémentaire pour surveiller la forêt. Et la proposition de notre groupe est d'avoir des volontaires, formés et encadrés, pour parcourir régulièrement une partie de la forêt et signaler les dangers d'incendie" Robert, participant.
Une idée passée au crible des critiques ou freins éventuels. C'est le principe du vote à carton levé. Vert pour une approbation, jaune pour émettre une réserve et apporter une "bonification", et rouge pour poser un avis négatif. Un processus de démocratie directe qui nécessite de l'écoute et de la bienveillance.
"Par exemple, moi, j'ai donné un carton rouge carrément, donc contre un avis. Au début j'étais stressée, parce que personnellement, j'avais peur qu'on me juge, et finalement, pas du tout. On est dans la bienveillance, dans l'acceptation de tous les avis, et finalement, ça se passe très bien" explique Romane.
Un brassage d'idées qui ouvre le débat et qui permet une grande diversité d'opinions. C'est aussi l'un des enjeux du tirage au sort.
"Ils peuvent ouvrir des possibles en dehors des contraintes, des stratégies et des intérêts personnels. On sait qu'entre 2 et 4% de la population tirée au sort accepte l'invitation. Alors mieux ils sont informés et plus c'est local et plus le taux monte vers les 4%. Cette session est basée sur 24 participants" explique Pierre Stassart, qui chapeaute le projet avec la Fabrique écocitoyenne de l'ULiège Arlon.
"Il faut être motivé. La compétence que l'on demande, c'est d'être curieux, d'avoir le désir d'apprendre".
Sur base d'expériences similaires, on estime qu'un panel de 25 citoyens est aussi productif et qualitatif qu'une assemblée de 300 personnes. La plupart des participants présents ce samedi seront présents le lundi 28 mai pour rendre leurs idées de projets à la direction du parc national de la Vallée de la Semois. Reste à savoir si les avis rendus seront suivis par les instances dirigeantes. Dans un contexte de compression budgétaire, c'est l'une des craintes émises par ces citoyens.
"J'ai envie de vous donner rendez-vous dans quelques mois parce que leurs propositions sont assez décapantes et beaucoup plus, je dirais, innovantes... et c'est normal, on a appris du premier cycle et donc dans le second cycle, on a des choses beaucoup plus intéressantes à montrer" conclut optimiste Pierre Stassart.