Depuis le 1er avril il est recommandé de ne plus tailler les haies afin de préserver les oiseaux en période de nidification. Pourtant le long de la nationale 4 près d'Attert, des opérations d'abattage ont encore eu lieu après cette date. Ce qui a interpellé certains citoyens.
"Massacre le long de nos routes en période de nidification! Une fois de plus, à la veille de la période de nidification des oiseaux et pire, pendant les dates interdites de taille et coupes des haies et des arbres..." La publication de Jean-Luc Bodeux, citoyen de Tontelange et administrateur-trésorier du parc naturel de la Vallée de l'Attert, n'est pas passée inaperçue.
Ce n'est pas la première fois qu'une coupe d'arbres dans le domaine public interpelle les citoyens. Mais ici c'est la manière et la période choisie qui choque. Entre Arlon et Martelange, ce sont 12 km de bords de voiries qui ont été nettoyées de leurs arbres et arbustes, "sans aucun discernement" estime Jean-Luc Bodeux qui ne croit pas aux arguments de sécurité avancés par la Sofico. Il dénonce également des abattages en pleine période de nidification, les travaux ayant débuté en mars pour se terminer durant la première semaine d'avril.
"Pourquoi pas avant ? Parce que les conditions météorologiques ne le permettaient pas et que d’autres urgences devaient être gérées. La période de nidification ayant débuté le 1er avril, les équipes ont obtenu une dérogation du Département Nature et Forêt (DNF) pour achever les travaux de coupe. La coupe des arbres a ainsi été finalisée jeudi dernier, et l’évacuation des troncs par voyage se poursuit jusqu’à la fin de cette semaine" explique Héloïse Winandy.
La Sofico avance la nécessité de "réaliser ces travaux pour "permettre à l’éclairage de remplir pleinement son rôle et de faciliter l’entretien des systèmes d’évacuation d’eau" mais également "rattraper le passif accumulé sur cette zone pendant de nombreuses années en abattant les arbres morts situés au-delà de cette distance, qui représentent un risque pour les usagers de la Nationale".
Si elle comprend l'émoi des citoyens le service public estime être dans son bon droit et assure "végétation pourra se redévelopper par la suite grâce à la technique du recepage".
Les recommandations en retard sur la nature
Des arguments qui peuvent s'entendre mais qui se heurtent à une double réalité : l'effondrement des écosystèmes et un changement climatique qui bouleverser les périodes de nidification. Aujourd'hui la période de "protection" située entre le 1er avril et le 15 août, n'est plus en phase avec la nature. Pour la Ligue royale belge de protection des oiseaux, il faudrait revoir les périodes d'interdiction de taille et d'abattage.
"Clairement, la nidification elle commence au mois de mars, si vous regardez autour de vous. Les mésanges elles nidifient dès le début du mois de mars. Terminer l’élagage le 30 mars c’est très mauvais, il faudrait élargir la période d'interdiction ou de sensibilisation à ne pas élaguer, mais démarrer le 15, si pas le 1er mars".
Jean-François Buslain, directeur de la LRBPO
La Ligue est bien consciente des difficultés que cela pourrait engendrer pour les entreprises d'élagage. Sans compter qu'en Wallonie il ne s'agit pour l'instant que d'une recommandation et non une obligation comme c'est le cas en région bruxelloise. Et il sera d'autant plus difficile de convaincre le citoyen d'adopter ces bonnes pratiques, s'il a le sentiment que les pouvoirs publics ne suivent pas leurs propres recommandations.