La Cour d'Assises du Luxembourg a rendu son verdict ce vendredi en début d'après-midi. Vinciane Welvaert est reconnue coupable du meurtre de Marie Reding. Les plaidoiries pour la peine ont lieu cet après-midi. L'infirmière risque jusqu'à 30 ans de réclusion.
La défense avait plaidé l'acquittement au bénéfice du doute. Au terme de quatre heures de délibération, le jury ne l’a pas suivi et a répondu par l'affirmative aux deux questions qui lui ont été posées.
Il reconnait Vinciane Welvaert coupable du meurtre de Marie Reding le 1 mars 2023. Les plaidoiries pour la peine ont lieu ce vendredi après-midi. L'infirmière risque jusqu'à 30 ans de réclusion.
Plus tôt dans la journée, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, l’accusée a eu l’occasion de s’exprimer une dernière fois. “Je sais que je n’ai pas été une mère et une épouse parfaite mais je n’ai pas tué Mme Reding”.
Quelques mots prononcés d’une voix chargée d’émotion. Pour la première fois depuis l’ouverture du procès, Vinciane Welvaert a laissé apparaître sa fragilité.
Pour l’accusation, l’absence de mobile n’empêche pas une condamnation
Lors des répliques, le ministère public est revenu sur l’un des principaux arguments de la défense : l’absence de mobile clairement établi. Alice Lecomte a ainsi souligné : "On est dans le cas d'un meurtre, où l'accusée n'est pas en aveux. Un meurtre sans mobile. Mais nous n'en avons pas besoin car le mobile n’est pas un élément constitutif du meurtre. Tous les jours, des juges condamnent sans mobile".
L’avocate générale a également tenu à relativiser l’importance de l’absence de traces ADN de l’accusée sur la scène de crime. Elle a rappelé que « l’ADN n’est pas la reine des preuves. C’est une donnée parmi d’autres. Ce n’est pas parce que l’ADN de l’accusée n’est pas retrouvé… qu’elle n’a pas tué ».
Réagissant aux arguments de la défense concernant la personnalité de l’accusée, Alice Lecomte a poursuivi : « La défense nous dit que Vinciane Welvaert évite les conflits, que sa personnalité ne colle pas avec les faits. Vraiment ? On n’a pas assisté au même procès ? »
Les parties civiles dans la même ligne
Les parties civiles ont développé une analyse similaire. Maître Sandra Berbuto a rappelé : « Il n’y a pas besoin de mobile pour commettre un meurtre. Des gens tuent sans raison et sont condamnés ».
L’avocate a également insisté sur un élément matériel du dossier : « On ne saura jamais quelle quantité de sang Vinciane Welvaert avait sur elle car elle a jeté son tablier qui recouvrait quasiment l’intégralité de sa robe ».
La défense invoque le doute
À l’inverse, la défense a demandé l’acquittement de sa cliente au bénéfice du doute. Pour Maître Xavier Koene, le dossier présenté par l’accusation comporte trop de zones d’ombre et s’apparente à un puzzle dont plusieurs pièces manquent.
Il a ainsi déclaré : " Si vous vous dites que ce que l’accusation vous présente n’est peut-être pas vrai, alors ne condamnez pas Vinciane Welvaert". Avant de conclure : “Les certitudes sont plus grand ennemi de la vérité que le mensonge”.