Présidée par Philippe Gorlé, la cour d'assises du Luxembourg débute ce lundi à Arlon l'examen de l'affaire Marie Reding, une nonagénaire de Martelange retrouvée morte chez elle le 1er mars 2023. Alice Lecomte remplira la tâche d'avocate générale et l'accusée sera défendue par Me Xavier Koener et Me Dimitri Soblet. 

Accusée de l'homicide sur Marie Reding, Vinciane Welvaert, son infirmière à domicile au moment des faits, n'a eu aucune réaction perceptible lors de la lecture de l'acte d'accusation la concernant, ce lundi matin, devant la cour d'assises du Luxembourg. Celle-ci doit examiner l'affaire durant toute cette semaine au moins. L'audition de l'accusée a ensuite commencé, vers 11h40.

Une personnalité renfermée

Cette audition et la lecture de l'acte d'accusation ont toutefois permis d'en connaître un peu plus sur l'accusée. Elle exerce comme infirmière de 1995 à 1997 puis, après un congé parental, devient aidante agricole auprès de son mari, dont elle est aujourd'hui divorcée. Ses proches auraient remarqué un changement significatif dans son comportement après une intervention chirurgicale (un bypass gastrique) subie en 2004. Elle avait alors refusé tout suivi psychologique, un accompagnement courant après ce genre d'opération. Commence alors une période de harcèlement envers plusieurs habitants du village de Hollange (Fauvillers). Ces faits, dont 14 seront établis, conduiront à son internement. Les sorties autorisées dont elle bénéficie durant les week-ends se passent mal avec sa famille. Le divorce est prononcé en 2016, durant son internement.

Retour au travail, comme infirmière

Vinciane Welvaert travaille ensuite comme infirmière pour une maison de repos de Bastogne d'où elle est licenciée après trois mois, notamment pour manque d'intégration dans l'équipe. Après quoi, elle rejoint le service d'Aide et Soins à Domicile par le biais duquel elle va rencontrer sa victime.

"Pas avant 8 heures" et des bottes pas nettes

Une victime décrite comme "exigeante" qui ne souhaitait pas être dérangée avant huit heures du matin. Le jour des faits, un appel a pourtant été donné au Samaritel à 7h31. L'accusée dit d'abord que cela ne la concerne en rien avant de reconnaître, dans une version ultérieure, après que sa voix a été identifiée, que c'est bien elle qui a passé l'appel. C'est elle qui prévient les secours et qui affirme avoir découvert le corps auquel elle a prodigué un massage cardiaque, ce que l'examen médical contredira. Vers 16h30, les enquêteurs lui demandent d'amener ses bottes au poste de police. A 16h45, elle en achète une autre paire et dira avoir jeté les précédentes dans une poubelle d'Arlon, sans jamais situer quelle poubelle. Souvent, elle se réfugiera dans le silence face aux questions des enquêteurs. Lors de sa garde à vue, elle a même bouché les toilettes à l'aide d'une pomme et de ses tartines...

Rappel des faits

Il est 8 heures 36, le 1er mars 2023, lorsque les services de secours et de police sont appelés à intervenir dans une habitation située 29 route de Bastogne à Martelange. Vinciane Welvaert, infirmière à domicile, vient de découvrir le corps sans vie de sa patiente Marie Reding, 92 ans. Son corps gît dans une mare de sang dans une salle de bain exiguë de l'étage, son crâne est éclaté. L’infirmière aurait tenté de réanimer la victime, en vain. Aucune trace de lutte ou d’effraction n’est constatée. Dans la maison, rien n’est fouillé ni dérangé.

L'infirmière de la victime suspectée

Très vite, les premiers soupçons s’orientent vers celle-là même qui a donné l’alerte : Vinciane Welvaert. La quinquagénaire présente des blessures aux mains, des traces de sang sont relevées sur ses chaussures. Et celles-ci sentent la javel. Vinciane Welvaert est par ailleurs connue pour des faits qui ont conduit à son internement en 2015. Au fil de ses auditions,l’infirmière change à plusieurs reprises de versions et évoque la présence d’un homme armé d’un couteau.

Alors ce procès livrera-t-il les réponses aux questions qui entourent la mort de Marie Reding? Face aux enquêteurs, Vinciane Welvaert n’a en tout cas jamais craqué et à toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Devant la cour d’assises du Luxembourg, elle doit répondre du chef d’homicide volontaire avec intention de donner la mort. 

Quatre parties civiles se sont constituées dans ce dossier ; un neveu et une nièce de la victime ainsi qu'un couple qui lui rendait régulièrement visite. Six hommes et six femmes ont été désignés pour faire partie du jury.