Dans quel état mental était l’accusée au plus proche des faits ? Voilà la question à laquelle l’expert psychiatre Anthony Schena a voulu répondre dans son exposé, ce mercredi matin devant la cour d’assises du Luxembourg qui doit se prononcer sur la culpabilité de Vinciane Welvaert.
De l'analyse de la première audition de l’accusée, il ressort qu’elle agit comme infirmière assez banale qui fait son travail. L’expert se réfère par exemple à l’enregistrement avec l’opératrice 112. Lorsqu’elle décrit la situation, elle circonstancie bien les choses dans le temps et dans l’espace. Dans les 1093 pages du dossier répressif, rien ne plaide pour un épisode hallucinatoire ou délirant au moment des faits.
Il n’empêche qu’elle présente un antécédent assez lourd dans son dossier. Vinciane Welvaert a été internée sur base d’un réquisitoire dressé le 9 décembre 2015 pour des faits qui se sont déroulés entre 2004 et 2011. Il s’agit de faits de harcèlement, d’outrage et de lésions graves envers des animaux. Faits pour lesquels, elle est déclarée irresponsable de ses actes suite à un diagnostic de trouble schizoaffectif.
Un diagnostic remis en question
Mais le psychiatre émet certaines réserves à ce sujet. L’observation, réalisée en milieu psychiatrique, ne plaide guère en faveur de ce diagnostic. Mme Welvaert quitte le service en 2021 avec un diagnostic vague de trouble du contrôle des impulsions et sans traitement (antipsychotique ou stabilisateur d’humeur). Ce qui ne colle pas à une malade psychotique chronique.
Selon lui, Vinciane Welvaert présente plutôt un trouble de la personnalité de type borderline, avec les traits suivants : impulsivité, irritabilité, intolérance à la frustration et faible remise en cause personnelle.
Anthony Schena conclut que Mme Welvaert ne présente aucun trouble mental ayant pu abolir ou gravement altéré sa capacité de discernement ou le contrôle de ses actes.
Le psychologue confirme
L’examen psychologique, réalisé en février 2025 par le psychologue Fabrizio Sergi, a mis en évidence plusieurs éléments :
- une attitude défensive lors du testing qui rend le test de personnalité invalide
- une bonne intelligence
- une faible capacité d’introspection et de mentalisation
- une tendance à contrôler son environnement et son monde interne
- une méfiance envers les autres et un sentiment de persécution
- une absence de psychopathie. Aucun trait psychotique observé, pas de traits antisociaux non plus.
Le psychologue recommande un suivi et estime que le risque de récidive est faible, de l'ordre de 8% dans les sept prochaines années, précise-t-il. Mais ce risque ne prend pas en compte la présente affaire qui n'est pas encore jugée. À la question de l'avocate générale de savoir si ce risque augmenterait en cas de condamnation, le psychologue répond par l'affirmative.