Dans un témoignage d'une grande dignité qui a duré plus d'une heure, l'ex-mari de Vinciane Welvaert a raconté devant la cour d'Assises du Luxembourg, son vécu avec l'accusée et leurs deux enfants.

Sans vouloir l'enfoncer, car pour lui, "elle est malade et ce n'est plus la même personne quand elle est en crise", l'ex-mari de l'accusée a décrit plusieurs crises mais aussi tous les efforts qu'il a consenti pour tenter de trouver une solution au comportement colérique de son ex-femme.

"Elle a toujours refusé de reconnaitre ses problèmes et de consulter un psychologue. Au fur et à mesure, j’en ai attrapé peur, moi aussi ! Quelques jours après une crise très forte, je lui ai dit « je veux divorcer », Elle m'a répondu « Si tu divorces je nous empoisonnerai tous les quatre »

Un exemple parmi beaucoup d'autres : lors d'une de ses crises, elle a utilisé le bull' de la ferme pour répandre du fumier sur une balle que je venais de dérouler pour nourrir les bêtes. Durant cette déposition à la barre, Vinciane Welvaert est restée sans réaction. 

Un juré a ensuite demandé au témoin de confirmer sa déclaration dans laquelle il déclare que l'accusée peut faire preuve d'une force incroyable.

"Lors d'un repas de famille, un jeune neveu avait ramassé trois ou quatre patates et les avait données à sa mère plutôt que de les mettre dans le pot commun. Ça l'a mis hors d'elle. On avait une jeep, elle a torché le bras d'essuie-glace de la jeep et planté un couteau dans un pneu."

Il a terminé son intervention en précisant : "ce que j'ai dit aujourd'hui, devant elle, je n'ai jamais réussi à le dire".

Une psychiatre lui avait refusé un certificat d'aptitude pour ré-exercer comme infirmière

Une psychiatre, qui s'est occupée de l'accusée lors de son internement dans un établissement spécialisé en région liégeoise, suite à une décision judiciaire pour faits de harcèlements et violences envers des animaux, est ensuite venue témoigner.

"Quand j’arrive dans l'institution, l'accusée y est hospitalisée depuis près de deux ans. Sa situation est stabilisée. Elle reçoit un traitement médicamenteux à base d'anxiolytiques et l'évolution est positive, les sorties sont alors autorisées durant certains week-ends."
"Après sa sortie, Madame Welvaert m'a demandé un certificat d’aptitude au travail en milieu infirmier ce que j’ai refusé au vu de ses antécédents que je considérais comme incompatibles avec le métier d'infirmier. Notre dernier rendez-vous date du 19 décembre 2022."

"Trois mois avant les faits", fait alors remarquer le président de la Cour, Philippe Gorlée. 

Ce certificat d'aptitude à reprendre le métier d'infirmière n'est en rien obligatoire. Comme l'accusée possède un diplôme d'infirmière et que l'on manque cruellement de personnes pour ces postes, elle a pu reprendre son métier même après son internement psychiatrique. D'abord dans une institution bastognarde, d'où elle a été licenciée après trois mois car elle ne donnait pas satisfaction, ensuite comme infirmière à domicile. 

Pour Me Sandra Berbuto, avocate représentant les parties civiles, "on lui avait déconseillé de reprendre ce métier, mais Vinciane Welvaert n'en fait qu'à sa tête."

Réquisitoire de l'avocate générale, plaidoiries des parties civiles et de la défense se sont succédé dans l'après-midi. Le procès pourrait se terminer vendredi.