Le dossier du Parc national de la Vallée de la Semois connaît un nouveau développement. Le parquet du Luxembourg a ouvert une information judiciaire concernant les conditions dans lesquelles le projet de centre équestre de Saint-Médard (Herbeumont), a été sélectionné et financé annonce ce mardi matin Le Soir.
L’ouverture de cette procédure a été confirmée à la rédaction de TV Lux par le parquet du Luxembourg. Cette information judiciaire doit notamment permettre de vérifier les différents éléments évoqués ces derniers mois autour de ce projet et d’éventuels conflits d’intérêts.
Un projet au cœur des interrogations
L’affaire avait été révélée en juillet dernier par Le Soir. À la suite de ces révélations, Nicolas Ancion, codirecteur du Parc national de la Vallée de la Semois, avait pris lui-même la décision de se mettre en retrait de sa fonction, avec l’accord de l’organe d’administration du parc.
Au centre des interrogations : un potentiel conflit d’intérêts autour du centre équestre de Saint-Médard, un projet destiné notamment à accueillir des chevaux pur-sang arabes.
Le projet est porté par l’ASBL Smahf, pour Saint-Médard Arabians Horses Farm Event. Nicolas Ancion en a été le président avant de quitter cette fonction, deux semaines après la sélection du projet. L’ASBL est aujourd’hui représentée et gérée par son compagnon, Quentin Oly.
C’est notamment cette proximité entre les responsables du parc et les porteurs du projet qui est au cœur des interrogations.
Plus d’un million d’euros de fonds publics
Le coût du projet, qui a connu plusieurs révisions budgétaires pour un montant cumulé de 525.000 euros, dépasse désormais le million d’euros de fonds publics rappelle Le Soir.
La station équestre serait ainsi le projet bénéficiant du soutien financier le plus important parmi les 75 actions retenues dans le cadre du Parc national de la Vallée de la Semois.
La question est donc de savoir dans quelles conditions le projet de Saint-Médard a été sélectionné, comment ses différentes augmentations budgétaires ont été décidées et si les règles applicables en matière de conflits d'intérêts et de gouvernance ont été respectées.
"Le Parc national confirme son intention de collaborer pleinement avec la justice et la CAIF (Cellule d'audit de l'inspection des finances pour les fonds structurels européens) chargée de l’enquête externe. Notre objectif est de pouvoir débloquer la situation". Hélène Poncin, Codirectrice du Parc national de la Vallée de la Semois.
Que signifie l'ouverture d'une information judiciaire ?
L'ouverture d'une information judiciaire constitue une phase d'enquête, menée sous l'autorité du procureur du Roi. Elle ne signifie pas, à ce stade, qu'une infraction a été établie ni qu'une personne est poursuivie.
Dans ce cadre, le parquet peut notamment faire procéder à des auditions, recueillir des documents ou demander différentes vérifications afin de déterminer ce qui s'est réellement passé.
À l'issue de l'enquête, plusieurs possibilités existent : le parquet peut décider de classer le dossier sans suite, d'engager des poursuites ou de saisir un juge d'instruction, selon les éléments qui auront été recueillis.
Les investigations devront déterminer si les soupçons évoqués autour du projet de station équestre sont fondés.
À la suite de la parution de cet article, Nicolas Ancion nous a transmis par courriel plusieurs documents revenant sur l’origine et les motivations du projet. Il précise également s’être retiré de sa propre initiative du Parc national.
Premier vice-président de TV Lux, il avait également demandé en août dernier « à être excusé, pour une durée indéterminée, des réunions de l’organe d’administration » du média de proximité. Durant cette mise en retrait, sa fonction est temporairement assurée par un autre administrateur. De son côté, Quentin Oly n’a pas donné suite à nos demandes d’interview.