Ce lundi s'est ouvert aux Assises, à Arlon, le procès de Mohammed Taoussi. Ce trentenaire, qui habitait à Habay-la-Vieille, doit répondre de l'homicide volontaire de son fils, Wassim, âgé de trois ans et décédé le 25 novembre 2023. Interrogé ce matin, il est resté très évasif quant aux 80 lésions examinées sur le corps de son enfant.
« Il n’est plus dans son monde de gogols », voilà ce qu’aurait déclaré, après la mort de son fils, Mohammed Taoussi. L’actuel trentenaire n’aurait jamais voulu faire reconnaître l’autisme de son enfant, l’insultant pourtant régulièrement à ce sujet. La circonstance aggravante du motif de haine ou de mépris pourrait ainsi être retenue contre ce passionné de karaté, accusé d’homicide volontaire, mais aussi de privations d’aliments, de soins, de coups et blessures. Des accusations auxquelles l'intéressé n'a pas donné des explications, niant complètement les faits dans un phrasé approximatif.
Si certains témoignages rapportent que Mohammed Taoussi était attentionné à l’égard de son fils, orphelin de sa maman décédée suite à un accident de la route, d’autres ont suspecté des actes de maltraitance manifestés par des cris, des claques et des coups. Des affaires ayant appartenu à Wassim, trouvées par la suite, étaient notamment tachées de sang et d’excréments.
Mohammed Taoussi estime quant à lui qu’il a assumé à la fois le rôle de père et de mère, que son fils était complètement normal, qu’il l’avait accepté comme il était et qu’il ne l’avait jamais abandonné. Ce à quoi le président de la Cour a répondu que l’enfant avait déjà été hospitalisé à deux reprises avant sa mort.
L'avocate de la partie civile a également tenté d'y voir plus clair, mais l'accusé a souvent préféré répondre par d'autres questions, visiblement agacé.
Si elle est retenue par le jury, la circonstance aggravante du motif de haine est passible de la réclusion à perpétuité pour Mohammed Taoussi. Son procès se tiendra tout au long de cette semaine.