Il y a trois ans, un motard perdait la vie à Dohan après avoir été percuté par une voiture dans un virage. Au volant, un homme connu pour son exaspération contre les motards. Aujourd'hui le tribunal correctionnel de Neufchâteau a entendu le chauffeur et trois experts, qui ne sont pas d'accord sur tout.

Assister à une audience sur la culpabilité éventuelle d'un tiers dans la mort de son fils et ce, trois ans jour pour jour après les faits, n'est pas ce qu'il y a de plus simple pour une maman.

Outre l'audience du chauffeur qui s'exprimait pour la première fois depuis l'instruction, on a surtout assisté à une bataille d'experts, celui commis le jour des faits par le Parquet, celui des parties civiles et celui invoqué par la défense.

"C'est une bataille d'experts, si ce n'est qu'ils s'accordent sur certains points. Mais on se rend compte aussi qu'il n'y a aucune certitude, que les chiffres des uns ne sont pas les chiffres des autres. Et donc, on ne pourra jamais connaître exactement la cinétique de l'accident.", Me Emilie Romain, avocate du chauffeur de la voiture
"On a quand-même dégagé des certitudes, la première de celles-ci, c'est que le point de choc entre la voiture et la moto a lieu sur la bande de circulation de la moto. Ça rend Lucas non responsable des faits qui ont occasionné son décès.", Me Dimitri Soblet, avocat des parties civiles

Les incertitudes, elles se trouvent dans un laps de temps de une à deux secondes : le conducteur s'est-il volontairement déporté sur la gauche alors qu'il ne roulait pas vite ; aurait-il pu freiner plus tôt ? "Non", répond la défense de l'accusé.

Les témoignages des amis du motard vont dans l'autre sens, de manière unanime. Et le conducteur du véhicule avait dispersé des graviers sur la même route une semaine auparavant, des faits pour lesquels il est aussi poursuivis sous une autre prévention dans ce procès.

Prochaine audience, avec les plaidoiries, le 9 février 2027.