La rentrée du secondaire dans l'inférieur est marquée par l'arrivée des premiers élèves de primaires issus du tronc commun, et par la mise en place d'accompagnements renforcés en lieu et place des classes d'intégration. Et dans le supérieur, par le passage des 20 aux 22h en classe.
La sonnette a beau retentir dans la cour de l'institut Saint-Benoît à Habay, les élèves du secondaire ne seront de retour en classe qu’à partir de ce mardi.
Leurs professeurs en revanche sont bien au rendez-vous, pour leur première réunion de rentrée, marquée par l’arrivée du tronc commun dans le degré inférieur.
Décidée de longue date, la réforme du tronc commun laisse néanmoins planer comme un parfum d’improvisation.
"Notre professeur d'atelier bois n'a vu disparaître ses heures de cours à option et doit basculer vers le cours obligatoire de Formation Manuelle Technique et Technologique (FMTT), cours pour lequel il va devoir se former. Or, les formations se tiendront seulement dans les prochaines semaines"
Frédéric Bourguignon, directeur du degré inférieur Institut Saint-Benoit Habay
L’autre changement important touche l’encadrement des élèves en difficulté avec tout ou partie des épreuves du CEB. Jusqu’ici regroupés en classes différenciées, ils seront dorénavant intégrer parmi les autres élèves. Mais ils bénéficieront d’un accompagnement renforcé ou personnalisé.
Supérieur : de 20 à 22h
Dans le degré supérieur, c’est "le" changement de la rentrée : deux heures de cours supplémentaires pour les professeurs du supérieur.
La décision, imposée l'an dernier par le gouvernement de la fédération pour raisons budgétaires, a fait l’objet de vives tensions en fin d’année. Les directions en mesurent en partie les conséquences.
"En anglais, j'ai 1,5TP qui disparait. En français et en mathématique c'est 1,0 TP aussi.
Alors c'est vrai, ça ne se voit pas physiquement, parce que c'est compensé par des mises à la retraite anticipée ou des départs de la profession, alors que c'était des professeurs qui aimaient ça"
Isabelle Renauld, directeur du degré supérieur Institut Saint-Benoit Habay
Un exemple parmi d’autres ? Amaury Loevenbruck est professeur de mathématiques. Enseignant depuis huit ans, il arrive cette année à Habay pour quelques heures, après avoir perdu toutes les siennes à Virton.
"A Virton, j'ai dû laisser ma place pour un enseignant qui était nommé. Ici, j'aurais pu espérer avoir un horaire complet, mais avec le décret Glatigny, les heures ont été redistribuées et je n'obtiens qu'une dizaine d'heures"
Amaury Loevenbruck est professeur de mathématiques
A côté des enseignants qui sont pratiquement tous désormais à 22h il y en a quelques uns qui passent même de 22... à 23h en classes par semaine .
"C'est particulier. Ça tient au fait que nous sommes nommés en partie dans l'inférieur et en partie dans le supérieur. Dans l'inférieur un mi-temps est reste calculé sur base de 22h. Mais pour la partie que nous enseignons dans le supérieur, nous devons avoir l'équivalent de deux heures en plus. Pour garder notre temps plein, nous devons en faire 23"
Violaine Liners, professeure de géographie
Ce régime de faveur, l'enseignante, comme ses collègues, l'a appris début juillet seulement de la Fédération, comme pour appuyer un peu plus encore ce sentiment d'improvisation de dernière minute…
La fin d’année avait été chahutée. La rentrée n’a pas gagné en sérénité.