Les formations d’enseignants attirent moins qu’avant. À la Haute École Robert Schuman, sur le site de Virton, le département pédagogique comptait encore 325 étudiants en 2019. Ils étaient 282 l’an dernier. Ils sont 250 aujourd’hui. En six ans, cela représente environ 23 % d’étudiants en moins

Pour Cécile Champion, directrice du département pédagogique, la baisse est réelle, même si l’établissement résiste mieux que d’autres.

« Ça signifie quand même une perte significative, 10 % en deux ans. Mais par rapport au reste de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on s’en sort bien, puisque pour les écoles partenaires, on est aux alentours de 25 à 35 %. »

Difficile d’isoler une seule cause. On peut déjà penser à la formation initiale qui est passée de trois à quatre ans. L’enseignement traverse aussi une période plus incertaine, entre réformes, manifestations et inquiétudes sur l’avenir du secteur. Chez les étudiants déjà engagés, ces questions existent.

« Ça fait un peu peur. Est-ce que j’aurai de la place quelque part ? Est-ce que je vais devoir faire plusieurs écoles ? Est-ce que j’aurai un temps plein ? C’est une question qu’on se pose », explique Caroline

Le rapport au métier semble aussi évoluer. Pour une psychopédagogue de la Haute École, les étudiants ne se projettent plus toujours comme les générations précédentes.

« Avant, on avait plutôt tendance à choisir une vocation pour la vie. Aujourd’hui, certains étudiants disent : si je n’aime plus, je pourrai faire autre chose. »

Le doute peut même se prolonger après le diplôme. Mélissa Antoine, diplômée en sciences humaines, préfère poursuivre ses études avant d’entrer directement sur le terrain.

« Au niveau des réformes et de ce qu’on propose dans l’enseignement actuellement, ça me fait peur de commencer à travailler maintenant. Poursuivre les études et obtenir un autre diplôme pour reporter un peu ce moment, ça me rassure », dit-elle

Face à cette baisse d’attractivité, la Haute École tente de recréer le contact avec les futurs étudiants. Elle mise sur des passages dans les écoles secondaires, une communication plus ciblée et des capsules vidéo où les étudiants s’adressent directement à d’autres jeunes.

Mais le tableau n’est pas uniquement négatif. Dans les classes, certains étudiants restent convaincus de leur choix, parfois depuis l’enfance. Justine veut devenir institutrice maternelle depuis la cinquième primaire.

« J’aime accompagner les enfants dans les apprentissages, j’aime les voir évoluer. C’est un métier de passion, on ne le fait pas pour l’argent. »

Fin juin, une séance d’information permettra encore de faire découvrir ces formations. La prochaine rentrée dira si ces séances d'information suffisent à inverser la tendance.